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Publié le jeudi, 23 avril 2020 à 10h45

Or, encens et poussière, roman de Valerio Varesi

Par Stefano Palombari

Or, encens et poussière - couverture

A Parme, les saisons et les malfrats changent mais le commissaire Soneri demeure égal à lui même : un incorrigible romantique. Le roman Les Mains vides (paru l’année dernière chez Agullo) nous avait plongé dans l’atmosphère moite d’une fin d’été caniculaire.

La ville de Parme, décor de toutes les aventures du commissaire, est en pleine mutation. A l’instar de toutes les villes de province, dont les mouvements sont rythmés par l’habitude réitérée, Parme a du mal à accepter le changement. Toute dérogation à la répétition se heurte à un sentiment d’hostilité et provoque un repli identitaire. Les romans de Varesi sont un portrait au vitriol de cette ville, petite et opulente, régie par une rigide morale petit-bourgeoise, se nourrissant de privilèges inavoués et de pratiques dépassants souvent les limites de la légalité.

Un cadavre brûlé, un vieux mort dans un car en provenance de Roumanie, un carambolage monstre sur l’autoroute à cause du brouillard épais qui entoure la ville et toute « la bassa », un campement de « gens du voyage » qui abrite un homme en cavale depuis 20 ans, voici les ingrédients de ce nouvel épisode qui voit Soneri en grande difficulté professionnelle et personnelle. Un brouillard qui écourte la vision et amplifie les détails, empêchant ainsi un regard d’ensemble.

Le commissaire Soneri est un limier hors pair. Sa force est également sa faiblesse. Son humanité, sa complexité le rendent particulièrement touchant et vulnérable. On est loin du héros sûr de lui, qui ne craint rien et qui ne doute pas. La logique de Soneri est imbibée de sentiments, de sensations. Ce qui le pousse à se fier à son intuition. Il sent que la jeune fille magnifique, dont la photo était cachée dans une poche du monsieur décédé dans le car, a un lien avec l’affaire. Il le sent mais le démontrer ne sera pas une mince affaire.

L’enquête patine et Soneri est pris de désarroi. Il a la sensation que tout lui échappe. Il ne sait plus où jeter l’encre car ses certitudes se dissolvent comme neige au soleil. Même Angela, sa compagne, remet en question leur couple.

C’est donc un Soneri en toute petite forme qui doit résoudre ce cas particulièrement compliqué. Il tâtonne mais, aidé par son flair, il arrive quand même à coffrer le coupable. Cependant, la vérité, dans sa globalité, continue de lui échapper. Trop convaincu de sa première impression, il lui faut une petite aide extérieure pour que la réalité, que sa confiance dans la bonté humaine avait maquillé en innocence et candeur, se dévoile à ses yeux dans toute sa laideur.

Informations pratiques

Valerio Varesi, Or, encens et poussière, Agullo noir, 21,50 €
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