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Publié le lundi, 5 avril 2021 à 09h54

Une journée d’ITALISSIMO, en direct de la page Facebook et la chaine Youtube de la Maison de la Poésie

Par Roberta Spirito

Ils y ont cru - couverture

Pour cause de pandémie cette année ITALISSIMO ce sera début juillet (1-4 juillet 2021), et, si la situation sanitaire le permettra, en présence du fidèle public de la manifestation. Dans cette attente, le festival adresse un signe à ses spectateurs : Le 10 avril 2021 ce sera une journée de rencontres et de lectures construites autour Dante et Goliarda Sapienza, deux piliers de la culture italienne, que réunit un pont de cinq siècles.

De Dante Alighieri, le « père de la langue italienne », cette année marque le 700ème anniversaire de la mort. Sa Divine Comédie, chef d’œuvre parmi les chefs d’œuvre, célèbre en trois chants, de l’Enfer au Paradis, en passant par le Purgatoire, la représentation du monde catholique au Moyen-Âge. Le texte est devenu une référence incontournable de la culture occidentale, son influence est incommensurable.

Goliarda Sapienza n’a pas connu l’ampleur de sa renommée actuelle. Née en 1924 à Catane, ses parents, socialistes opposants au régime fasciste, lui donnent une éducation libre, loin des systèmes imposés. D’abord comédienne, elle se consacre à l’écriture à la fin des années 1960. Son livre devenu culte, L’Art de la joie , sera d’abord refusé à la publication en Italie et il faudra attendre la traduction française posthume en 2005 pour qu’il soit enfin et justement reconnu. Depuis, les lecteurs ont découvert l’œuvre exceptionnelle de Sapienza, une « autobiographie des contradictions » où s’entremêlent récits de vie et épisodes imaginaires.

A 16h « La vraie vie de Dante 1265 -1321 », grand entretien avec Alessandro Barbero auteur de Dante, qui vient de paraître aux édition Flammarion (article prévu pour les prochains jours). Avec la participation de Diego Marani, écrivain

L’historien médiéviste et romancier Alessandro Barbero publie une biographie trépidante du héraut des lettres italiennes. Un portrait vivant qui révèle l’homme de son temps, loin de la sacralisation du Poète à laquelle se livrent bien des commentateurs !
« Je ne cherche pas à expliquer pourquoi, sept cents ans après la mort de Dante, il vaut encore la peine de lire La Divine Comédie : je raconte la vie d’un homme du Moyen Âge, qui eut des parents, des oncles, des tantes et des grands-parents, qui alla à l’école, tomba amoureux, se maria et eut des enfants, s’engagea dans la politique et fit la guerre, connut des succès et des malheurs, la richesse et la pauvreté. Sauf que cet homme est l’un des plus grands poètes qui aient jamais foulé la terre. »

A 18h00 « Dante, le lieu où nous... » Conférence – lecture par Patrick Boucheron et Mélanie Traversier Au dernier chant du Paradis, Dante s’écrie : « ''veder voleva come si convenne/l’imago al cerchio e come vi s’indova'' », « Je voulais voir comment se joint/l’image au cercle et comment elle s’y... » Elle s’y quoi ? Elle s’y noue ? Que désigne indovarsi, néologisme désignant l’élan, l’élan de se mettre dans le lieu où... ? Et ce lieu, y sommes-nous encore ? Comment traduire ce vers ?
Dante guide son lecteur dans le périple de l’invention poétique. La comédienne Mélanie Traversier, et l’historien Patrick Boucheron proposent de prêter l’oreille à cette politique d’un parler commun, pour que la langue souveraine et maternelle renaisse sous nos pas.

A 20h « L’art de la joie » de Goliarda Sapienza. Lecture par Anna Mouglalis. L'Art de la joie c’est le roman d'une vie, celle de la Sicilienne Modesta, née sur les pentes de l'Etna en 1900. Le chaos misérable de son enfance et les hasards de l’existence font d'elle l'héritière insoumise d'une famille de nobles dégénérés. Il ne s’agit pas pour autant d’un conte de fée moraliste. Le récit du destin de Modesta, que Goliarda Sapienza a mis dix ans à écrire, est un intense roman d’apprentissage où la foi en la liberté, personnelle, sociale et politique, exulte. Anna Mouglalis, qui prête sa voix profonde à la lecture de ce texte, confesse avoir été modifiée par ce livre, il a « changé son regard sur le monde. »
Les éditions du Tripode, qui ont permis la redécouverte de cet immense roman en 2005, se sont engagées dans la publication des œuvres complètes de Goliarda Sapienza.

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