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Publié le mardi, 10 mars 2020 à 09h40

Un beau désordre, roman de Marco Caramelli

Par Stefano Palombari

Un beau désordre - couverture

Si les adaptations cinématographiques d’œuvres littéraires sont assez fréquentes, l’opération inverse est plutôt rare. Dans le cas de Marco Caramelli c’est un véritable exploit. Un beau désordre se veut la traduction sous forme de roman d’une création cinématographique très originale : Huit et demi de Fellini.

Ceux qui connaissent le chef-d’œuvre de Fellini savent qu’il n’y a aucune histoire à raconter. Les sentiments en sont les véritables protagonistes : L’angoisse, la perdition, l’égarement d’un réalisateur en crise jaillissent de ses rêves, de ses souvenirs, de ses amours éphémères. D’où le titre qui plante le décor.

En réalité, plus qu’un désordre c’est un vrai bordel. Déjà avec les noms des personnages : parfois ceux du film, parfois ils s’en détachent un peu, parfois ils n’ont rien à voir. La crise de Massimo Barbiani, le Fellini du roman, cache un désir constamment frustré d’ordre et de propreté. Le monde extérieur, avec son désordre et sa saleté, lui échappe. Que peut faire un réalisateur en mal d’inspiration avec cette matière ? Un chef-d’œuvre.

Comme pour le film, le roman déconcerte d’abord le lecteur. Le désordre a une logique cachée. Le lecteur patient, qui ne se décourage pas, persiste, avance à tâtons, il tente de se frayer un chemin, pour entrer littéralement et littérairement dans le livre. Passé le purgatoire des premières pages, il sera récompensé, retrouvant avec joie le plaisir de la lecture d’un beau roman sur un film génial.

Informations pratiques

Marco Caramelli, Un beau désordre, Robert Laffont, 19 €
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