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Publié le lundi, 13 juillet 2020 à 10h40

Métamorphoses, dernier ouvrage de Emanuele Coccia

Par Stefano Palombari

Emanuele Coccia, Métamorphoses - couverture

« Notre humanité (…) est une métamorphose d’une vie antérieure ». En partant de ce terme emprunté à Ovide et introduit au XVIème siècle dans le domaine de la biologie pour définir le comportement de certains insectes, le philosophe Emanuele Coccia nous conduit à une réflexion globale sur « le monde qui nous entoure ».

La métamorphose que l’on observe parmi les insectes et tout particulièrement chez la chenille-papillon est en réalité un phénomène planétaire. La vie qui, dans le cas concret, est partagée entre la chenille et le papillon (« une seule vie se partage entre deux corps, entre deux mondes ») est présente dans l’ensemble des habitants de la terre.

Le constat que la vie « se reflète » dans tout ce qui se trouve sur la terre, permet au jeune philosophe italien de s’attaquer à un concept très en vogue : l’écologie. Un terme que l’on emploie sans vraiment en avoir compris la signification. « L’écologie a été une étrange invitation à imaginer les êtres vivants non humains aux frontières domiciliaires. » Déjà le christianisme avait séparé la naissance de la nature avec la création ex nihilo. Séparation inspirée peut-être par un contexte inhospitalier.

L’écologie, qui dérive de l’économie de la nature, a une vision statique, casanière, de la nature. Une vision anthropisée. « L’économie déjà à partir de la définition du philosophe grec Xénophon était associée à la maison (…) L’écologie et l’économie marchande partagent le même cadre épistémologique et le même langage ». L’écologie est donc devenue un « confinement des espèces ».

La réflexion de Coccia nous pousse à prendre du recul. A nous regarder de l’extérieur comme une partie de la nature. La ville est l’emblème de cette conception « écologique ». Elle serait l’artificiel, « un espace entièrement minéral », opposée au naturel. Mais le naturel, insiste le philosophe, est un leurre, tout est artificiel. Y compris une action considérée comme la plus naturelle qui existe : respirer. « L’air n’est qu’un sous-produit de la vie végétale ». Car l’artificialisation n’est pas opérée uniquement par l’espèce humaine mais tout espèce y contribue.

Métamorphoses, est un livre passionnant qui fait suite à un précédent ouvrage consacré à La vie des plantes. Une réflexion subtile qui poussera le lecteur à jeter un regard totalement différent, empathique, à ce qui l’entoure.

Informations pratiques

Emanuele Coccia, Métamorphoses, Rivages, 18 €
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