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Publié le mardi, 6 juillet 2021 à 09h38

Massimo Donati. C’est ici que tout commence

Par Stefano Palombari

C’est ici que tout commence - couverture

Mais que s’est-il passé cet été 1981 dans un petit village des Alpes ? Ce dernier été où tout a basculé. C’est ici que tout commence appartient à la catégorie des romans où l’énigme, le « point de bascule » se situe chronologiquement au milieu. Bien évidemment il sera dévoilé à la fin.

Roberto et Mattia sont des grands amis. A douze ans, le sens de la mesure n’est pas la qualité la plus développée. Leur amitié leur apparaît comme inéluctable. Même s’ils se sentent très proches, dans les faits tout les sépare. Mattia vit à la montagne où sa mère gère l’hôtel Alle Alpi et son père, personnage rustre et violent travaille comme fraiseur. Roberto en revanche est le rejeton d’une riche famille d’éditeurs milanais qui loge dans une somptueuse villa sur les rives du lac de Côme.

Le seul point de contact entre ces deux existences que tout sépare est justement le petit hôtel où la famille Beltrami passe quelques semaines en été. Mattia aime provoquer son ami, il l’entraîne dans des jeux dangereux qui peuvent avoir des conséquences graves, voir fatales. Roberto est sous le charme de ce garçon dont le courage frôle l’inconscience.

Pendant l’été 1981 s’est produit un fait divers qui a tenu toute la Péninsule en haleine. Un petit garçon de six ans Alfredino Rampi était tombé dans un puis artésien. L’événement avait créé une vague d’émotion dans toute l’Italie. Les tentatives de sauvetage passaient en direct à la télé. Mais ils furent vains. Cet événement donne des idées aux deux ados et notamment à Mattia. Ils creusent des trous dans le sol, sorte de pièges pour promeneurs malchanceux.

Ce sera le premier acte d’une série de « jeux » de plus en plus dangereux, « méchants ». Le titre italien du livre est justement Giochi cattivi (« Jeux méchants »). Parfois leurs projets sont sabotés par la présence de Dino, le petit frère de Mattia. Les exploits des deux ados atteignent leur climax là où la narration s’arrête pour reprendre quarante ans plus tard.

Dès les premières pages, on est ravi de la façon dont Massimo Donati manie son stylo. Les pages se tournent avec le plus grand plaisir du lecteur qui ne se lasse pas de suivre les trouvailles des deux amis. Jusqu’au moment où l’adolescence laisse la place à l’âge adulte. Dans la deuxième partie le rythme change comme s’il accompagnait une réflexion plus mûre. La lenteur s’installe. L’histoire est un peu à la traîne, ce qui gâche le plaisir. Heureusement que dans les dernières pages, là où le lecteur trouve enfin la clef, bien cachée il faut le reconnaître, de l’énigme, on retrouve les sensations plaisantes du début.

Informations pratiques
  • Massimo Donati, C’est ici que tout commence, traduit de l'italien par Jean-Luc Defromont, Actes-Sud, 23 €

Vous pouvez commander ce livre, en italien ou en français, sur le site de La LIbreria