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Publié le mardi, 10 octobre 2017 à 15h46

La Féroce, roman de Nicola Lagioia

Par Stefano Palombari

La Féroce de Nicola Lagioia - couverture

La Féroce, de Nicola Lagioia, est un objet déroutant dans le panorama littéraire italien. Lorsque, contre toute attente, il gagne le prix Strega, sur les réseaux sociaux le public se déchaîne : Enthousiasme d’un côté, incompréhension et critiques véhémentes de l’autre. Le roman ne laisse pas indifférent ni par la forme ni par le contenu.

La Féroce est une histoire de famille. Une famille de « palazzinari », spéculateurs immobiliers, qui ont fait fortune sans s’encombrer de trop de scrupules. La première image du livre, qui a donné naissance au roman, comme nous l’a confié l’auteur, est emblématique : Une jeune et très belle femme, nue marchant sur une nationale sordide, blessée, ensanglantée, moribonde. La fin de Clara Salvemini est le commencement de tout. C’est en suivant l’enquête menée par Michele le « frère » de Clara qu’on découvre avec horreur les raisons de la fortune familiale. Derrière l’hypocrisie des bonnes manières de la famille bourgeoise se cache un abîme de dépravation.

Lagioia s’attaque ici à la famille, pilier de la société italienne. Dans un pays qui cultive encore le mythe de la sacralité de la famille, c’est très politiquement incorrect. Déchirer le voile de l’hypocrisie de cette institution qui est capable du mieux comme, la plupart du temps, du pire est encore très malvenu.

La Féroce est un roman original également dans sa forme. Loin du langage policé et des formules convenues, Nicola Lagioia colorie ses phrases de tonalités personnelles, de formules inédites souvent empruntées à l’idiome local. Un roman de la rentrée qui ne se fera pas facilement oublier. Entretien avec Nicola Lagioia

Informations pratiques

La Féroce, de Nicola Lagioia, Flammarion 2017
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