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Publié le jeudi, 21 octobre 2021 à 09h50

Invisible de Antonio Dikele Distefano. La conscience de Zéro

Par Stefano Palombari

Invisible de Antonio Dikele Distefano - couverture

Zéro n’aime pas son surnom. Ce jeune homme, qui n’a connu que l’Italie mais que les Italiens ne reconnaissent pas, vit dans la banlieue d’une ville moyenne d’Émilie Romagne. Zéro a dû grandir vite. Il a connu le goût amer du désenchantement de son plus jeune âge. Confronté à des problèmes matériaux constants, au déchirement de sa famille, au déménagement dans une autre ville, au regard des autres, Zéro n’a pas été gâté par la vie.

Zéro est noir. La plupart de ses voisins ont eu aussi les stigmates du voyage, de l’altérité. Leur peau, leur nom, leur pauvreté, tout les renvoie vers cette ailleurs indistinct. Dès qu’ils sortent de leur quartier, Zéro et ses copains sont perçus comme une menace. Le centre-ville, apanage des familles aisées blanches, est un endroit semé d’embûches : Insultes, moqueries, méfiance, contrôle de police.

Zéro a des copains, de vrais amis, ses trois potes Inno, Claude et Sharif. Ils sont inséparables. Ils ont tous en commun leur fardeau de souffrance et de discrimination, mais ils sont tous très différents. Chacun tente de s’en sortir. Chacun à sa façon. Mais tous ont un seul et unique but : quitter le quartier pour avoir une vie paisible.

« Vu de l’extérieur, les quartiers où habitent les immigrés sont considérés comme homogènes. Les immigrés sont des différents et leur différence les rend tous pareils. Ce nom les définit comme une identité. (…) J’ai voulu montré la diversité dans la diversité » Nous explique le jeune auteur du roman (voir l’interview intégrale de Antonio Dikele Distefano).

Pour écrire ce roman, Antonio Dikele Distefano s’est basé sur le récit de ses amis du quartier. L’auteur est né en Italie de parents originaires de l’Angola. Il a grandi dans un quartier de la périphérie de Ravenna. Même si les personnages du roman sont fictifs, ils brillent de leur vérité. Une vérité rendue par un collage parfaitement maîtrisé de bribes de vraie vie.

Informations pratiques
  • Antonio Dikele Distefano, Invisible, traduit de l'italien par Marianne Faurobert, Liana Levi, 16 €

Vous pouvez commander ce livre, en italien ou en français, sur le site de La LIbreria