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Publié le vendredi, 26 octobre 2018 à 09h31

Federico Fellini, le métier de cinéaste, livre de Rita Cirio

Par Stefano Palombari

Federico Fellini, le métier de cinéaste - couverture

Le livre de Rita Cirio sur le grand réalisateur de Rimini est devenu un classique en Italie. Il s’agit de conversations que l’auteure a eues avec Fellini entre 1992 et 1993. Un livre d’entretiens né et mûri à travers les fréquents contacts, les visites, les dîners... un rapport d’amitié qui s’est renforcé avec le temps et qui a duré jusqu’au décès du grand réalisateur.

L’ouvrage est divisé en quatre grands chapitres thématiques « ses débuts », son rapport avec « les acteurs », puis avec « les producteurs » et pour terminer avec « les artisans ». Mais les différents sujets s’entremêlent. Fellini parle beaucoup des ses acteurs tout le long du livre. Il livre des portraits singuliers, parfois bien différents de l’image que certains d’entre eux évoquent dans l’esprit des simples spectateurs.

Au sujet de Totò, par exemple, icône de l’humour à l’italienne, voire à la napolitaine, il le décrit dans les termes suivants : « Totò, vu de près, était vraiment une créature d’un autre monde, il conservait la puissance suggestive de ses apparitions sur scène, dans sa vie de tous les jours. Il parvenait à être auréolé d’un halo qui l’éloignait, le rendait inaccessible, impalpable comme une image au fond d’un miroir ».

Il évoque naturellement sa rencontre avec Marcello Mastroianni, son acteur fétiche, protagoniste, entre autres, de la Dolce Vita et son alter ego dans Huit et demi. «  (Pour La Dolce vita,) sur Marcello, sympathique provincial de la Ciociaria, il fallait faire toute une opération pour le rendre plus lugubre : de faux sourcils, un maquillage appuyé, toujours vêtu de noir, pour tenter de le rapprocher de ce modèle que j’avais à l’esprit. (…) La qualité la plus évidente de Marcello est sa disponibilité amicale et intelligente. Quand je parle de lui, je raconte toujours qu’il ne veut pas lire le script avant de tourner. »

Le texte, traduit de façon magistrale par René de Ceccaty, se lit comme un roman. Cela permet de plonger, le temps de la lecture, dans l’ambiance incroyablement pétillante du cinéma transalpin des années 1960 et 1970. Le volume est richement illustré de très belles photos de films, d’affiches, de producteurs, d’acteurs… On voit Fellini sur le tournage ou bien dans des soirées ou au restaurant, en compagnie d’autres réalisateurs, de producteurs, d’acteurs…

Mais surtout on se régale en admirant les dessins du réalisateur. Pour la plupart, il s’agit de ses personnages, Gelsomina de La Strada, La Saraghina de Huit et demi, Il Pataca d’Amarcord. Après les avoir imaginés, il en traçait les contours sur papier.
Fellini a dessiné également des petites bandes dessinées, des autoportraits et des caricatures comme celle, très réussie, d’Anna Magnani (page 71).

Informations pratiques

Federico Fellini, le métier de cinéaste, de Rita Cirio, Seuil, 39 €.
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