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Publié le mercredi, 24 novembre 2021 à 09h42

Claudia Durastanti, L’étrangère. Auto-biopic

Par Stefano Palombari

Claudia Durastanti, L’étrangère - couverture

Écrire sur soi-même est une opération semée d’embûches. C’est un art qu’il faut savoir manier. Ce n’est pas facile de garder l’altitude nécessaire pour rester dans la sphère de la littérature sans tomber dans une sorte de journal intime dépourvu d’intérêt pour le lecteur.

L’étrangère de Claudia Dustanti démarre bien. Le mythe fondateur de sa famille, la rencontre entre ses parents, place le livre à la bonne hauteur. Ses parents, tous les deux sourds-muets, ont chacun leur version de « la façon dont tout a commencé ». Chacun se taille le meilleur rôle, celui du sauveur, pour imprimer une tonalité particulière, pour établir un rapport de force dès les premiers instants de leur histoire.

Puis, doucement, la narration dérive. Elle s’éloigne de la mythologie, elle oublie les parents pour se concentrer sur la fille, la narratrice. Et là, le livre montre toutes ses faiblesses. La littérature laisse la place au journal intime, aux souvenirs disparates, aux lectures, réflexions, rencontres, voyages… On perd le fil, on est gagné par l’ennui. On dirait presque que les pages deviennent murs et les histoires stories.

Informations pratiques
  • Claudia Durastanti, L’étrangère, traduit de l'italien par Lise Chapuis, Buchet Chastel, 20 €

Vous pouvez commander ce livre, en italien ou en français, sur le site de La LIbreria