cinéma

Publié le mardi, 23 juin 2020 à 09h39

Arte et l'Italie, en direct et en replay

Par Valérie Mochi

Selfie de Agostino Ferrente - une scène du film

Le 24 Juin à 23H45 la chaîne franco allemande ARTE rediffusera Selfie, le film de Agostino Ferrente. Et pour ceux qui préfèrent le visionner quand il leur plaît il suffit de se rendre sur le site de replay d’Arte où il sera disponible jusqu’à la mi novembre. En plus de Selfie, plusieurs films italiens sont proposés gratuitement durant tout l’été, deux Nanni Moretti, Bianca et Sogni d’Oro, et un court métrage du magazine Gymnastique, Le juste de Gomorra.

Selfie, c’est la bonhommie de deux copains Alessandro, (Alessandro Antonelli) et Pietro, (Pietro Orlando), deux jeunes tendre et candides, ils ont 16 ans et vivent dans le quartier difficile de Traiano à Naples. Alessandro, surnommé "Alessa", travaille comme serveur dans le café en bas de chez lui, et livre le ristretto en Vespa, plateau en main. Pietro, devenu obèse après la mort de trois de ses cousins, voudrait maigrir et gagner sa vie comme coiffeur. Sans travail ou avec un maigre salaire, leurs loisirs sont limités, mais ils tiennent à suivre la "bonne voie" alors que certains de leurs copains du quartier dealent, manient des armes et courent vers la prison ou la mort.

Le film commence par un hommage à un mort de leur âge, Davide, leur ami. Ils lui dédient une chanson, un tee-shirt à son effigie car Davide, a été abattu par un carabinier après une course poursuite, il a été confondu avec un criminel en fuite, « un latitante », l'auteur de cette bavure ordinaire n'a pas été incarcéré, sa peine ayant été "suspendue". Les deux amis sont plus désespérés que révoltés par cette mort. Leur relation amicale est d’une tendresse étonnante et sincère, elle éclate, magnifiée par la réalité d’autant plus violente de leur quotidien. Ils se soutiennent mutuellement, rient pleurent, vont à la plage pour draguer les filles et ratent le bus pour rentrer. Des actions banales mais filmés d’un point de vue différent, le leur.

Agostino Ferrente le réalisateur, leur a demandé de se filmer avec des portables, il nous plonge, nous immerge leur relation et leur environnement en même temps qu’il donne aux deux amis la possibilité de s’exprimer avec des moyens qu’ils maîtrisent parfaitement. Grâce à cette technique de tournage, les yeux de Alessandro et Pietro nous regardent, et se regardent, ils jouent, se jouent du fameux selfie. Le film oscille entre le documentaire et la fiction dans la grande tradition du néo réalisme tout en étant moderne, actuel, en adéquation parfaite avec la technologie d’aujourd’hui.

« Sauf s'il assure lui-même la prise de vue, un réalisateur s'adresse toujours à un cameraman. Ce qui fait l'originalité de SELFIE, c'est que pour la première fois, on a demandé aux protagonistes d'être cameramen. Mais ma conception du rôle de réalisateur n'a pas changé : je passe toujours beaucoup de temps avec mes acteurs, caméra éteinte, pour essayer d'atteindre ce niveau de confiance et d'intimité fondamental pour effacer ma présence lors des prises de vues, et donner l'impression qu'ils sont seuls. Si le spectateur partage cette impression, j'ai atteint mon but ». (Agostino Ferrente)   Également en ce moment sur le replay d’Arte, deux films des années 80 de Nanni Moretti (en attendant son nouveau Tre Piani), où comme d’habitude, il est aussi l’interprète principal de ses films avec la belle Laura Morante pour lui donner la réplique :

Bianca. Michele, professeur vient d’être muté dans un lycée aux méthodes d’enseignement alternatives. Son passe-temps favori est d’observer la vie des gens. Croyant à la fidélité absolue, Michele cherche la femme idéale. Mais lorsqu’il croit l’avoir trouvée en la personne de Bianca, il se met à paniquer. Pendant ce temps, certaines personnes de son entourage meurent mystérieusement...

Sogni d’Oro. Un réalisateur aigri, dont les films incarnent le nouveau cinéma italien pour certains et manquent le public pour d'autres, a des problèmes avec son nouveau film. Mais ce n'est pas tout : il se dispute aussi avec sa mère qui vit avec lui et son amour pour un de ses élèves ne le rend pas heureux.

Et pour compléter la vision de Naples, un documentaire court faisant partie de l’émission Gymnastique : Le juste de Gomorra Ancien membre de la Camorra, Davide Cerullo vit au milieu des barres d’immeubles de la Scampia, le sulfureux quartier de Naples. Mais le culte de sa violence, relayé par le cinéma et le rap, c’est tout ce que combat Davide, à coups de poèmes et de photos.

Informations pratiques

A la télé sur Arte ou bien en replay sur le site arte.tv