cinéma

Publié le mercredi, 29 septembre 2021 à 10h07

Les liens qui nous unissent (Lacci) un film de Daniele LUCHETTI en dvd

Par Valérie Mochi

Luigi Lo Cascio et Alba Rorhwacher dans une scène du film Lacci de Daniele Luchetti

Le film de Daniele Luchetti Les liens qui nous unissent (Lacci) a fait l’ouverture de la 77e Mostra de Venise en 2020, mais malgré une distribution prévue initialement en salles, il sortira directement en version DVD le 5 octobre 2021 chez Pyramide Distribution.

D. Luchetti, réalisateur des célèbres Le Porteur de serviette (Il portaborse) 1991, Mon frère est fils unique (Mio fratello è figlio unico) 2006, et La nostra vita 2010, adapte le roman éponyme de 2014 de l’écrivain Domenico Starnone qui participe également à l’écriture du scénario.

Un casting exceptionnel, des acteurs brillants qui réussissent à faire vivre leurs personnages sur une période de plus de quarante ans. Une histoire de famille qui se déroule à Naples dans les années 70 avec Aldo (Luigi Lo Cascio), Vanda (Alba Rorhwacher), leurs enfants, Anna et Sandro et la maîtresse d’Aldo, Livia (Linda Caridi). Vingt ans plus tard ils se retrouvent à Rome, et le couple est interprété cette fois, par Silvio Orlando et Laura Morante, plus de maîtresse mais un chat appelé Labes vit avec eux. Encore plus tard, de nos jours, les enfants sont des adultes d’une quarantaine d’années, Giovanna Mezzogiorno et Adriano Giannini.

Un film en 3 segments, les débuts du couple à Naples, puis le désespoir de Vanda lorsqu’Aldo lui annonce qu’il a une maîtresse, les enfants tiraillés, écartelés entre une mère trop présente et un père qui fuit le foyer familial et la discussion.
Trente ans plus tard, une boîte à secrets et une façon particulière de refaire ses lacets (référence au titre italien et aux nœuds qui enchaînent cette famille dysfonctionnelle), sont les métaphores de la vie de ce couple en voie de perdition. Luchetti expose tantôt dramatiquement tantôt avec humour les relations cruelles et inattendues de ces êtres tourmentés, plus préoccupés par leur relation de couple que par leur rôle de parents.

Malgré la difficulté d’imaginer L. Lo Cascio en S. Orlando et A. Rohrwacher en L. Morante, avant après, on admire la maestria de Luchetti et sa capacité à gérer les allers et retours dans le temps, une construction non-linéaire, faite d’ellipses et de flash-backs où les non dits ont plus d’intensité que les hurlements.
La dernière partie, contemporaine, met en scène dans un huis clos où les enfants devenus adultes. Ils font un bilan de leur enfance dans une explosion de cris et d’embrassades à l’image de l’appartement familial à nouveau saccagé. Ils découvrent enfin le sens du nom de leur chat Labes, une révélation sur les véritables personnalités de leurs parents.

Luchetti est le spectateur de cette saga familiale dans laquelle il ne prend partie pour aucun des personnages, pas de jugement de valeur. Seul le temps et le recul permettent de se rendre compte de l’incompatibilité fusionnelle d’un couple qui ne s’érige pas en modèle. Le film ressemble plus à un état des lieux des conflits internes propres à toutes les familles. Une étude de caractères et de mœurs qui met en perspective les relations de couple d’aujourd’hui.

Informations pratiques
  • Sortie en DVD dès le 5 octobre 2021

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