cinéma

Publié le mercredi, 28 avril 2021 à 09h59

L’amour en larmes. Sortie de la version remasterisée en DVD chez Condor Films

Par Valérie Mochi

L’Amour en larmes - une scène du film

Le film L’Amour en larmes est une adaptation de E. M. Foster, un auteur anglais du début du XXème siècle qui s’est plu à reprendre des vers des auteurs qu’il admire pour en faire les titres de ses romans : Alexander Pope pour « Where Angels Fear to Tread » et Walt Whitman pour « Room with a view ».
Monteriano - Dove gli angeli non osano metter piede, le titre de la version italienne, reste plus fidèle à l’anglais et traduit littéralement le titre de la version originale Where Angels Fear to Tread.

Produit en 1991, le film L’Amour en larmes est à l’apogée des adaptations cinématographiques de Foster, une décennie faste, dans les années 80 à 90 nombreuses de ses œuvres sont adaptées au cinéma par David Lean et surtout par James Ivory.
Car L’Amour en larmes, comme les autres adaptations de Foster, est un film anglais, dirigé par un réalisateur anglais, Charles Sturridge.

Le casting est exceptionnel, il réunit les plus grands acteurs, anglais également, Helen Mirren, Helena Bonham Carter, Ruppert Graves et l’australienne Judy Davis. Le rôle du bel italien est tenu par un Toscan d’origine, Giovanni Guidelli, qui a commencé sa carrière avec les frères Taviani dans La Nuit de San Lorenzo (La notte di San Lorenzo).
Des acteurs prestigieux que l’on retrouve d’ailleurs dans les différentes adaptions des romans de Foster : Judy Davis dans La Route des Indes (A Passage to India) 1984 de D. Lean, Helena Bonham Carter et Ruppert Graves dans Chambre avec vue (Room with a view) 1985 et Maurice 1987 puis Helena Bonham Carter seule dans Retour à Howards End (Howards End) 1992, ces quatre films étant réalisés par J. Ivory

La Toscane est au centre du récit, plus particulièrement la ville de San Gimignano source d’inspiration de Foster, qui, filmée par Sturridge, n’en devient que plus romantique. La course folle de Lilia, pour rattraper une calèche filant à vive allure sur les routes sinueuses des collines si célèbres en est la parfaite démonstration. Sturridge dépeint dans cette scène les caractéristiques chères aux âmes tourmentées de cette époque, douceur de vivre entremêlée de sauvagerie ébouriffée.

Lilia, interprétée par Helen Mirren, est veuve depuis peu, elle supporte mal l’emprise de sa belle famille bourgeoise et stricte. Elle décide alors de quitter le Londres victorien pour un voyage en Toscane en compagnie de son amie Miss Abbott, (Helena Bonham Carter), une autre amoureuse « del bel paese ». Lilia veut s’imprégner de la beauté italienne que lui a tant vanté son beau frère Philip, (Ruppert Graves) et retrouver un peu de liberté. Elle y parvient lorsqu’elle rencontre Gino, (Giovanni Guidelli), un jeune et beau dentiste, bien plus jeune qu’elle. Elle tombe amoureuse et ils se marient aussitôt. Mais c’est contre l'avis des Herriton, car le jeune homme n’a ni titre ni fortune et cela pourrait nuire à la réputation de la famille. Philip puis sa sœur Harriet (Judy Davis), sont alors dépêchés en Toscane pour tenter de remettre de l’ordre dans cette situation incontrôlable. En Italie, Lilia est heureuse, mais elle ignore qu’un destin tragique l'attend ...

A l’instar du roman, le film de Charles Sturridge développe avec ironie le thème du caractère infranchissable des différences sociales. Il met en scène le contraste entre le mode de vie anglais, étouffé par la retenue et la peur du « qu’en dira-t-on », et l’italien, fougueux de liberté et de joie de vivre.

Charles Sturridge en 40 ans de carrière, est surtout réalisateur de séries tv comme MotherFatherSon de 2019 avec Richard Gere ou Shackleton de 2002 avec Kenneth Branagh. Et s’il s’entoure toujours d’acteurs de renom, il ne réalise que 7 films pour le grand écran, sans doute la raison pour laquelle le film L’Amour en larmes apparaît comme mineur dans la décennie de films consacrés à l’œuvre de Foster. Cependant les interprétations sont flamboyantes, Helen Mirren rayonnante en veuve joyeuse, Judy Davis très drôle en Harriet, sœur célibataire survoltée, Helena Bonham Carter, inquiétante et tourmentée en amoureuse transie, et Ruppert Graves en beau frère ambigu et amoureux lui aussi, le style est enlevé, les dialogues raffinés et les prises de vues des paysages de Toscane admirables.

Informations pratiques
  • Le film est disponible en dvd, simple, sans supplément mais en version remastérisée.

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