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Publié le lundi, 25 mai 2020 à 09h44

La vie mensongère des adultes, Elena Ferrante

Par Deborah D'Aietti

La vie mensongère des adultes - couverture

Après la saga de l’Amie Prodigieuse, Elena Ferrante revient avec son roman très attendu La vie mensongère des adultes.

Giovanna, douze ans, est fille unique d’un couple de professeurs. Elle vit sur les hauteurs de Naples. Un soir, elle surprend son père confessant à sa mère que Giovanna est devenue laide et qu’elle lui fait penser à zia Vittoria, sa tante à la réputation maléfique. « Deux ans avant qu’il ne quitte la maison, mon père dit à ma mère que j’étais très laide. »
Giovanna, blessée par cette remarque mais intriguée tout de même, prend contact avec cette tante qui lui est inconnue. Vittoria, femme caractérielle et vulgaire, vit dans un quartier pauvre de Naples. Cependant, sa tante lui ouvre les yeux sur l’hypocrisie et le mensonge qui régissent la vie des adultes, et plus particulièrement celle de ses parents. Giovanna voit ainsi son monde se fissurer, en plein passage de l’enfance à l’adolescence, moment crucial de la construction de soi.

Le récit reprend les thèmes de prédilection d’Elena Ferrante : la féminité, la filiation maternelle, l’amitié, la quête d’identité à l’adolescence avec pour toile de fond Naples, l’éternel tableau aux multiples facettes. Naples est le reflet de l’ambivalence de la personnalité de Giovanna : d’un côté, une facette rassurante et bien connue, celle des hauteurs de Naples où les parents de Giovanna vivent en apparence sans fausse note. De l’autre, une facette plus sombre que découvre Giovanna, se rattachant au quartier pauvre de Vittoria qu’il faut rejoindre par une expédition urbaine. Ici, tout est plus sale, plus bruyant, ce qui à la fois fascine et dégoûte Giovanna. L’histoire est racontée à la première personne, du point de vue de la jeune fille sous la forme d’un flashback. Cette narration rappelle celle de l’amie prodigieuse, où Elena Greco raconte son histoire par un long flashback : une adulte racontant sa longue amitié avec Lila Cerullo de son enfance à l’âge adulte. Ici, l’auteur propose le souvenir plus récent d’une adolescente sur son passé d’enfant, encore vif de ses émotions, ses incertitudes et déceptions.

La vie mensongère des adultes est un roman de formation où la désillusion est la clé du passage de l’enfance à l’adolescence. Giovanna, grâce à Vittoria, appréhende la complexité du monde adulte qui au départ lui est totalement inconnu. Cette étape se matérialise avec le bracelet dont la première référence est celle où Vittoria interroge Giovanna lorsqu’elles se rencontrent : Pourquoi Giovanna ne porte-t-elle pas le bracelet que Vittoria lui a offert à sa naissance ? Giovanna n’en a pourtant jamais entendu parler. Entre secret de famille et non-dit, le bracelet est un objet de désir, puis un objet totem, sur le chemin de l’âge adulte.

Alors que les maisons d’édition ont chamboulé son calendrier de sorties littéraires, La vie mensongère des adultes sortira à sa date de parution initiale le 9 juin, juste à temps pour accompagner les lecteurs durant les vacances d’été.

Informations pratiques

Elena Ferrante, La vie mensongère des adultes, traduit de l’italien par Elsa Damien, collection du Monde Entier, Éditions Gallimard.
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