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Publié le lundi, 1 juillet 2019 à 09h45

La Terre tremble de Luchino Visconti au cinéma en version restaurée

Par Stefano Palombari

Une scène du film La Terre tremble

Depuis mercredi passé, un chef d’œuvre du cinéma italien est de nouveau dans le salles 71 ans après sa sortie au cinéma. Il s'agit de La Terre Tremble, La Terra trema de Luchino Visconti, qui ressort en version restaurée haute définition.

On sait que c'est Ossessione (1943), le premier film de Visconti, qui a donné naissance à l'expression "néoréalisme". Mais ce retour à l'invention de la réalité trouve son point culminant avec son deuxième long métrage, La Terre tremble réalisé en 1948. A l'origine, Visconti souhaitait réaliser un triptyque où la tragédie des Valastro serait complétée par le récit d'un soulèvement de mineurs, puis par une histoire de paysans en lutte contre les grands féodaux.

Finalement, seul le premier épisode vit le jour. A la sortie du film, André Bazin sut trouver les mots de la reconnaissance : « Certains aiment les pauvres. Sur le plan artistique, Visconti fait mieux : il les admire. Il les regarde vivre avec les yeux d'un peintre du quattrocento. Il retrouve au cœur de leur misère et dans le moindre de leurs actes quotidiens cette noblesse, ce sens inné du geste, cette élégance que le riche a perdus. »

Les communistes italiens, qui financèrent partiellement le film, reprochèrent à Visconti d'avoir trop esthétisé leur contestation. Si La terre tremble a su résister au temps, c'est pourtant grâce à ce soin apporté à l'image. Le départ des pêcheurs, dans la nuit noire déchirée de cris de fatigue, ou l'attente des femmes sur les rochers, telles des figures de proue au bord de l'effondrement, frappent par leur extrême beauté, digne d'un opéra social.

Synopsis. Ntoni Valastro, pêcheur sicilien, vit à Aci Trezza, un petit village niché entre Catane et Syracuse, où il assure péniblement la subsistance des siens. Sa famille - comme toutes les autres - est exploitée par les grossistes, qui fixent eux-mêmes les prix du poisson. La colère gronde. Les pêcheurs, ulcérés par l'insolence des vendeurs, se révoltent. Ntoni persuade alors sa famille de se passer des mareyeurs et de travailler pour son propre compte. Le grand-père le met en garde contre les dangers de l'entreprise. Après une première pêche abondante, les lendemains vont pourtant déchanter...

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