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Publié le jeudi, 6 janvier 2022 à 09h49

Je suis l’abysse, roman de Donato Carrisi

Par Deborah D'Aietti

Je suis l’abysse - couverture

Je suis l’abysse est le nouveau standalone de Donato Carrisi, dont le titre annonce déjà la noirceur de l’intrigue. Prolifique auteur de thrillers, Donato Carrisi raconte ici l’angoisse à son paroxysme, ce qui plaira aux amateurs du genre. Attention, âmes sensibles s’abstenir…

L’histoire se situe autour du lac de Côme où vivent de riches familles dans de luxueuses villas. L’environnement pourrait relever de la carte postale mais la zone comprend aussi des personnes isolées et solitaires, des faits sinistres ou encore inquiétants. La quiétude du lieu est bousculée et seuls les natifs de la région peuvent vraiment supporter d’y rester.

Trois personnages sont au centre ; ils ne sont pas expressément nommés mais seulement caractérisés : « l’homme qui nettoie », « la chasseuse de mouches » et « la jeune fille à la mèche violette ». Chacun a un lien avec l’horreur, que ce soit par une histoire personnelle, par une enfance troublée et traumatisante ou bien par des choix malheureux. Au fil du roman, leurs destins vont être liés par le passé, le présent et le futur.

Les points de vue de la narration changent tour à tour de sorte à ce que la psychologie des personnages soit de plus en plus approfondie et éclaire alors les éléments clés de l’histoire. Qu’est-ce qui fait que l’homme qui nettoie prenne pour proie des femmes blondes ? Pourquoi la chasseuse de mouches s’engage-t-elle à venir en aide à des femmes inconnues victimes de violence conjugale ? Pourquoi la jeune fille à la mèche violette s’est-elle jetée dans le lac ? Les éléments s’imbriquent comme un puzzle pour saisir l’image complète de l’intrigue jusque dans les dernières lignes du roman.

Je suis l’abysse questionne notre attrait pour le mal et l’angoisse, jusqu’à en inspirer une certaine fascination morbide. Certains passages suscitent étrangement l’empathie du lecteur pour ses personnages de l’horreur : par exemple, l’homme qui nettoie est par ses actes moralement condamnable, mais les chapitres « flashbacks » relatent des épisodes de son enfance. Celui-ci n’a connu que la dangereuse instabilité de sa mère et l’emprise violente et lugubre de Micky, figure masculine persécutrice qui le hante encore dans sa vie d’adulte. Ces flashbacks ne justifient jamais le mal et la violence qu’il exerce mais éclairent son comportement. Dans l’abysse se trouve, au fond, tout ce que l’humain a de faillible et complexe.

Informations pratiques
  • Donato Carrisi, Je suis l’abysse, traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza, éditions Calmann-Lévy noir.

Vous pouvez commander ce livre, en italien ou en français, sur le site de La LIbreria