cinéma

Publié le samedi, 10 février 2024 à 14h23

Il reste encore demain, film de Paola Cortellesi. Le lendemain d’hier

Par Stefano Palombari

Paola Cortellesi et Valerio Mastandrea dans une scène du film Il reste encore demain

Le succès ou l’insuccès d’un film est souvent le résultat d’obscures alchimies. Difficile de prévoir le sort d’un long-métrage à la lecture du sujet et du scénario et parfois même lors de sa sortie en salle. Sur le papier, le film de Paola Cortellesi n’avait rien qui aurait pu faire songer à un tel engouement du public. La commission du ministère italien de la culture, qui devait décider des financements publics, avait carrément refusé toute subvention, estimant le projet de la cinéaste de « faible valeur artistique ».

Il reste encore demain est l’histoire de Delia. Nous sommes à Rome au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’Italie vient tout juste d’être libérée. Les Américains patrouillent encore la ville. La situation économique de la capitale est catastrophique. Beaucoup de Romains partent pour le nord. Paola multiplie les petits boulots dans le but de mettre de côté un peu d’argent pour la famille mais surtout pour sa fille Marcella. Elle veut un meilleur avenir pour elle. L’avenir de la fille ne doit pas ressembler au présent de la mère.

L’argent qu’elle veut destiner à Marcella, Delia doit le cacher. Son mari Ivano, un homme violent et autoritaire, s’approprie tous les gains de son épouse pour les dépenser, au mieux, au bistrot avec ses copains. Dans la famille de Delia, le mari n’est pas le seul représentant de la gent masculine. Avec eux vivent également le père d’Ivano, un vieil homme capricieux et lubrique, ainsi que les deux enfants plus petits du couple, deux jeunes garçons gâtés. Lorsque Delia discerne de funestes présages pour le futur de Marcella, elle décide d’agir.

Dès sa sortie au cinéma, le film a enchaîné les records. En Italie, C’è ancora domani est champion de recettes avec plus de 5 millions d’entrées. Plus que Oppenheimer et Barbie. Un succès vraiment insoupçonnable ? Les journalistes italiens qui ont vu le film en avant-première ont dû forcément se douter de quelque chose. C’est un film qui ne laisse pas indifférent.

Le succès du public et de la critique de certains films demeure à mes yeux inexplicable. Concernant Il reste encore demain, il y a des raisons objectives : un sujet dans l’air du temps, un scénario original et bien ficelé, le jeu impeccable des acteurs... et surtout la réalisation. Ce qui surprend d’emblée est la maîtrise de la caméra. Un premier film montre souvent d’évidentes faiblesses dans la réalisation. Des petits défauts dus à l’inexpérience. Mais là, je dois dire qu’il n’y a rien de perceptible. Tous les acteurs sont très bien dirigés, crédibles, spontanés avec une mention spéciale pour l’époustouflant Valerio Mastandrea que nous sommes habitués à voir dans des rôles plus légers. Les dialogues sont rapides, spontanés, souvent drôles. Le film, entièrement en noir et blanc, oscille entre les rires et les larmes… Deux heures qui filent et qu’on voudrait retenir.

Informations pratiques
  • Au cinéma le 13 mars 2024

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