cinéma

Publié le mardi, 21 juillet 2020 à 09h20

Guendalina d'Alberto Lattuada ressort en salles

Par Amélie Ravaut

Une scène du film Guendalina d'Alberto Lattuada

Deux films d’Alberto Lattuada ressortent au cinéma à partir du 29 juillet 2020 : Guendalina et Les adolescentes. Tous deux restaurés en version 4K à partir des négatifs originaux, ils retrouvent ainsi toutes les subtilités de leur clair-obscur et de leur bande-son.

Guendalina, réalisé en 1956 est une coproduction franco-italienne qui a fait partie de la sélection officielle cannoise l’année suivante. Le film met en scène une adolescente, Guendalina, fille d’un couple de bourgeois milanais en pleine séparation, contrainte de prolonger ses vacances dans la station balnéaire de Viareggio avec sa mère. La jeune fille, pour tuer l’ennui, s’amuse à flirter avec un jeune étudiant modeste et découvre peu à peu les complexités du sentiment amoureux, du désir, des contraintes sociales et familiales.

Sur un sujet de Valerio Zurlini, Lattuada propose ici comme il le fera dans Les adolescentes, de suivre l’évolution d’un regard, d’une pensée sur une période courte : la jeune Guendalina, incarnée par l’actrice française Jacqueline Sassard, passe de désirs éphémères et capricieux à une prise de conscience plus subtile de ce qu’est le don de soi, le partage des sentiments mais aussi le caractère ironique de la vie.

Le duo Lattuada – Zurlini met en avant avec délicatesse ces passages successifs de la conscience : la naissance d’un amour véritable confronté aux jeux de séduction et de pouvoir des couples « adultes ». Mais nul manichéisme, ni effet moralisateur, bien au contraire, cette justesse dans la psychologie des personnages, dans la caractérisation sociale, dans les regards, est parfois acide mais toujours dosée pour nous apparaitre à bonne distance.

Le père de la jeune fille, homme d’affaires volage sans scrupules, interprété par Raf Vallone semble passer ainsi d’un statut à un autre à mesure que, perçu à travers les yeux de l’adolescente, il se transforme de père en homme. Il en va de même pour les autres personnages, et notamment la mère, si l’on reste dans le cercle familial, qui peu à peu sont délestés des oripeaux du regard de l’enfance.

C’est avec le ton un peu nostalgique et désabusé de la satire sociale que Lattuada dresse le portrait intime d’une émancipation féminine et le passage à l’âge adulte. Emancipation qui s’opère néanmoins avec toute l’acuité d’un regard qui s’ouvre pour la première fois.

Informations pratiques

Sortie en salles le juillet 2020

Jeu-concours des places à gagner (terminé) réservé aux abonnés à notre lettre