cinéma

Publié le mercredi, 20 avril 2022 à 09h58

Confession d'un commissaire de police au procureur de la République de Damiano Damiani

Par Valérie Mochi

Martin Balsam et Franco Nero dans une scène du film Confession d'un commissaire de police au procureur de la République

Damiano Damiani est-il marqué du sceau de la répétition ? La duplicité de son nom et prénom, un double au pluriel au singulier, a laissé une empreinte, une signature notable tout au long de sa filmographie. Dans la plupart de ses films, quelque soit le genre, se dessine une ligne directrice, la confrontation de deux personnages qui s’affrontent et se ressemblent. Damiano Damiani semble dire au spectateur de ne pas se fier aux apparences, d’étudier chaque phrase de dialogue, de regarder chaque geste, chaque action, de réfléchir au paradoxe.
Confession d'un commissaire de police au procureur de la République (Confessione di un commissario di polizia al procuratore della repubblica) en est l’emblème, le plus abouti, l’un de ses meilleurs films.

Opposant deux représentants de la loi, un commissaire et un procureur, Damiano Damiani confronte deux acteurs à l’image de leurs rôles, une figure importante du cinéma américain au visage connu du public et un jeune acteur italien au regard bleu azur, Martin Balsam, le commissarie Bonavia et Franco Nero, le procureur Traiani.

Le film se déroule à la fin des années 60, la Sicile, Palerme, le boum de la construction immobilière, la corruption, la mafia. Même si le mot mafia n’est jamais prononcé, c’est le sujet, l’objet, que combattent les deux hommes avec les moyens qui leurs sont propres. Un homme représente la figure du mafieux, Lomunno interprété par Luciano Catenacci, un concentré de corruption, de violence, et d’accointances avec le pouvoir.



Bonavia, homme d’expérience et de déception, ne supporte plus d’arrêter un criminel toujours relâché faute de preuves, il n’a d’autre choix que de jongler avec la loi. Traiani, jeune magistrat fraîchement sorti de l’école, conteste les méthodes du commissaire, pour lui la loi doit être respectée, on ne peut pas la contourner. Malheureusement les deux hommes se menacent, s’opposent, s’affrontent autorisant ainsi toute la liberté de mouvements à Lomunno.

Une mise en scène efficace, sans fioriture, une structure simple, des dialogues ciselés, d’une subtilité rare, un rythme tendu, des personnages forts même dans les seconds rôles (Marilù Tolo, un témoin qui dérange), Confession d'un commissaire de police au procureur de la république est un film qui rend parfaitement compte de la situation de l’époque, de la puissance de la mafia et de ses ramifications jusqu’aux plus hautes sphères de l’état. Le film, réalisé en 1971, a conservé toute sa force de dénonciation, il est malheureusement toujours d’actualité. Longtemps disparu des écrans, sa ressortie en salle en version restaurée est un événement à ne pas laisser échapper. Et pour découvrir ou redécouvrir du cinéaste du paradoxe, la Cinémathèque Française organise une rétrospective Damiano Damiani du 11 au 29 mai 2022.

Informations pratiques
  • Au cinéma à parti du 20 avril 2022

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