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Publié le lundi, 24 octobre 2022 à 15h46

Antonio Paolacci et Paola Ronco, Nuages baroques. « Seul le chaos peut dominer le destin des hommes »

Par Solène Perronno

Nuages baroques. - couverture

Gênes, un matin de pluie, le corps d’un jeune étudiant en architecture est retrouvé sur le port. Fils d’une illustre famille de la ville et ouvertement gay, Andrea Pittaluga a été battu à mort peu après une fête en soutien à l’union civile des homosexuels. Meurtre homophobe ou drame familial, le sous-préfet de police adjoint, Paolo Nigra, va devoir plonger dans la noirceur humaine pour résoudre ce crime odieux.

En apparence, Nuages baroques a tout du polar classique : un homicide sordide, une enquête difficile, un flic torturé mais au grand cœur, des adjoints attachants. Le roman d’Antonio Paolacci et Paola Ronco, écrit à quatre mains, est tout cela mais bien plus encore quand on avance dans sa lecture.

En premier lieu, le sujet est éminemment politique : l’union civile nouvellement adoptée au moment où se déroule l’intrigue mais plus généralement les droits des homosexuels, leur place dans la société italienne et dans la police puisque notre héros flic est ouvertement gay, l’homophobie que tous subissent (la victime, ses amis, mais aussi Nigra et son compagnon, comédien). J’ai été très touchée par les questionnements intérieurs des différents personnages qu’ils aient ou non le courage d’assumer qui ils sont car malgré les lois, les mentalités n’évoluent pas aussi vite.

D’autre part, Nuages baroques est un hommage à la ville de Gênes que je ne connais pas mais dont l’atmosphère et la vitalité m’ont semblé très bien rendues (mais peut-être serai-je déçue si j’y allais en vacances ?). La quatrième de couverture nous dit que les auteurs ont voulu rendre hommage à cette ville au charme envoûtant, hommage réussi à mes yeux. Ils évoquent aussi son passé trouble avec le rappel des événements tragiques qui ont conduit à la mort d’un jeune manifestant lors des émeutes anti-G8 de 2001.

Le tout donne un polar très bien ficelé, qui se lit d’une traite et qui nous donne envie de découvrir les prochaines aventures du sous-préfet de police adjoint, Paolo Nigra.

A emporter en week-end ou en vacances.

Informations pratiques
  • Antonio Paolacci et Paola Ronco, Nuages baroques, traduit de l’italien par Sophie Bajard, Rivages/Noir, 22 €
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