cinéma

Publié le dimanche, 19 septembre 2021 à 09h18

Via Margutta en version restaurée ressort sur les écrans

Par Amélie Ravaut

Yvonne Furneaux et Franco Fabrizi dans une scène de Via Margutta

Dès mercredi 22 septembre 2021 ressortira dans les salles Via Margutta, « La rue des amours faciles », un film de Mario Camerini réalisé en 1960.
Produit la même année que La dolce vita (Fellini résida en compagnie de Giulietta Masina Via Margutta) on peut trouver des similitudes aux deux films, notamment la peinture du quotidien d’artistes aux mœurs légères, la tonalité acerbe de certaines scènes et une vision quelque peu désabusée de la société romaine de l’époque.

Le film s'ouvre en une plongée dans l’effervescence de cette petite rue du centre, proche de la Villa Borghese, connue pour avoir abrité de nombreux artistes et peintres de renom. Pour la fête annuelle du quartier des artistes, les exposants (peintres, sculpteurs et dessinateurs) descendent leur atelier sur les pavés et présentent leur travail aux passants, espérant se faire remarquer par un galeriste voire un mécène ou, tout au moins, vendre quelques œuvres. La caméra se faufile entre les corps et, à la galerie de visages répond une galerie de peintures dans une grande fraternité et la joie, semble-t-il, de se rassembler tout en marquant l'année qui vient de s’écouler. Un groupe d'amis se retrouve et organise une fête le soir même pour célébrer l’équipe au grand complet.

La scène qui suit s'attachera, tout comme les suivantes, à détricoter les liens que la Via Margutta a noué entre les personnages et l’aspect "vitrine" de leur existence, tout en décomptant le temps passé et les illusions perdues.

Dans cette bande d’amis, il y a Marta (Yvonne Furneaux) qui vivote de ses chansons, éternelle amoureuse aux fous rires qui ressemblent à des pleurs d'enfant. Il y a Giosue (Franco Fabrizi) dont on ne connaît pas l’activité professionnelle si ce n'est celle de vivre aux crochets des autres, ses parents en premier lieu puis une vieille dame allemande fortunée. Il y a Marco (Spyros Fokas) qui enchaîne les conquêtes d'un soir en prétextant les faire poser pour ses portraits et se comporte en véritable goujat. Il y a Bill (Alex Nicol) un ancien chorégraphe américain qui dort la plupart du temps, épuisé de ses efforts pour terminer une sculpture entamée depuis des années. Et, au centre de tout ça, un couple qui s'aime et se déchire : Donata (Antonella Lualdi) et Stefano (Gérard Blain), elle, prête à tous les sacrifices pour le soutenir en attendant que le succès et la reconnaissance artistique arrivent.

On se rend évidement compte, au fur et mesure des séquences, que cette rue qui nous est apparue contenir tout un monde, receler des trésors, faire battre les cœurs à l’unisson, abrite aussi des espoirs déçus, les trahisons, les amours perdues. Jusqu’à la prochaine fête annuelle… La dolce vita se termine par un échange de regard entre un Mastroianni las et une jeune fille pleine d’espoir, Camerini, à sa manière, en arrive à la même conclusion.

Informations pratiques
  • Au cinéma dès mercredi 22 septembre 2021