art et artisanat

Publié le lundi, 24 février 2020 à 09h09

Riccarda Montenero « ô futur cadavre, éphémère merveille, avec quel excès je t’aimais »

Par Ilaria Venneri

Mémoire de l’Avenir

Mémoire de l’Avenir présente du 29 février au 28 mars « Songe, ô futur cadavre, éphémère merveille, avec quel excès je t’aimais »*, une exposition issue du projet Merveille de la vie réalisé par le duo artistique «Liberté. Femmes magiques» composé par Riccarda Montenero, photographe et plasticienne, et Faé A. Djéraba, plasticienne.

Le titre de l’exposition, extrait de Poème de l’Amour d’Anna de Noailles, est détourné de son contexte pour interroger notre rapport aux violences, qui, tout en s’extrayant progressivement du contexte de la sphère intime, et des terminologies liées aux passions, vient questionner les systèmes culturels et sociaux dans leur ensemble. L’exposition livre, sous forme d’images, d’installation et de performances, une enquête sur les effets de la violence, la douleur et sa catharsis.

Si le corps est souvent le premier touché, la violence est avant tout une blessure et une offense faite à l’esprit et à l’âme, qui entraine sa fracture. Le duo nous donne à voir et à penser la réappropriation de l’espace psychique autour de trois temps : celui de la violence sur corps et l’esprit, celui du soulèvement en réaction à la prise de conscience de ce qu’il s’est passé et enfin celui qui laisse entrevoir l’affranchissement et la libération.

Si le projet s’inspire d’une histoire personnelle, il fait écho à une histoire collective de violences et de domination à l’égard des femmes. En préambule de son texte pour l’exposition du projet à Turin à l’automne 2019 Maria Erovereti le rappelle « Une femme a subi une violence, elle s’appelle Faé, elle s’appelle Riccarda, elle s’appelle Maria, elle peut avoir différents noms, parce qu’elle n’est pas la seule à porter sur son propre corps des cicatrices ».

Au fil de la réflexion sur l’origine des violences, s’est superposée à la figure du conjoint violent celle d’une société porteuse en elle-même de ce mal capable de prendre des visages aussi différents que le contrôle sur le corps des femmes, l’impérialisme économique ou politique, la domination et la destruction par l’humain de son environnement naturel…

Mémoire de l’Avenir propose par cette exposition et ce thème, régulièrement investi à travers ses programmations, de participer à la prise de conscience et à la compréhension de la violence, souvent instaurée comme système, et à ses conséquences, grâce à des propositions artistiques et philosophiques.

Informations pratiques
  • Mémoire de l’Avenir
  • 45/47 rue Ramponeau 75020 Paris
  • Du 29 février 2020 au 28 mars 2020