art et artisanat

Publié le mercredi, 10 mars 2021 à 07h30

Piero Dorazio, Textures Lumineuses, Exposition à la Galerie TornabuoniArt

Par Ilaria Venneri

Piero Dorazio

Six ans après sa dernière présentation parisienne sous le commissariat de Serge Lemoine, Tornabuoni Art est heureux d’offrir une exposition de Piero Dorazio, père de l’abstraction italienne, couvrant en vingt œuvres quarante-cinq années de la carrière de l’artiste.

Peintre italien né à Rome en 1927, Piero Dorazio commence à étudier l’architecture, puis s’oriente vers la peinture. Séduit par la richesse de la peinture à l’huile, Piero Dorazio est d’emblée absorbé par la couleur ; il s’attache également au matériel et à la technique : préparation des toiles, choix des pinceaux, préparation des couleurs. Ses débuts picturaux datent de 1942-1943, période pendant laquelle il peint des toiles de petites dimensions représentant des paysages de la campagne romaine et des natures mortes.

Après s’être détaché de la peinture figurative, il participe avec Pietro Consagra, Achille Perilli, Carla Accardi et Giulio Turcato à la rédaction du manifeste Forma 1 en 1947. Ce manifeste, avec lequel il confirme son adhésion à l’art abstrait, va guider l’ensemble de toute son œuvre.

Ayant obtenu une bourse d’études du gouvernement français en octobre 1947, il part pour Paris et s’inscrit à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts. Il y rencontre Georges Braque, Fernand Léger, Jean Arp, Alberto Magnelli. Il découvre que Magnelli pratiquait déjà l’abstraction à Florence en 1914. C’est Magnelli qui lui fait connaître Francis Picabia, Le Corbusier, Antoine Pevsner, Sonia Delaunay, mais aussi de plus jeunes artistes comme Jean Dewasne, Serge Poliakoff et Victor Vasarely. En 1953 et 1954, Dorazio se rend aux États-Unis, invité à participer au Harvard International Summer Seminar à la Harvard University, à Cambridge. À l’automne, il s’installe pour une année à New York. Grâce à Matta, il rencontre Joseph Cornell, Robert Motherwell, Leo Castelli, alors collectionneur, Enrico Donati et Marcel Duchamp. Il se lie d’amitié avec Willem de Kooning, Franz Kline, Barnett Newman, Helen Frankenthaler et d’autres artistes new-yorkais, comme avec le critique d’art Clement Greenberg, plus tard avec Kenneth Noland dont l’art présente tant de similitudes avec le sien. Il entretiendra toute sa vie durant, une étroite relation avec les États-Unis, jusqu’à aider à la fondation de la nouvelle Graduate School of Fine Arts de l’University of Pennsylvania dans les années 60 qu’il dirigea par la suite.

D’abord cubiste puis futuriste d’esprit, insistant sur la structure et le rythme, Dorazio utilise tout de suite des couleurs vives et contrastées. Bien vite, le fil conducteur de son expression va devenir le geste, toujours construit et à partir duquel il traduit la couleur et la lumière.

En 1959, il participe à l’exposition Italienische Malerei à la Kunsthalle de Baden-Baden et à la Documenta II de Cassel. En 1960, Max Bill l’invite à l’exposition konkrete kunst à Zurich. En 1965 il fait partie des artistes exposés à la fameuse exposition The Responsive Eye au Museum of Modern Art à New York. En 1979, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris lui consacre sa première rétrospective en France. Par la suite, à l’initiative de Serge Lemoine, le Musée de Grenoble organise en 1990 sa plus importante exposition en France, accompagnée d’un catalogue fondamental dû à Nathalie Vernizzi.

Informations pratiques
  • Galerie TornabuoniArt
  • 16 Avenue Matignon 75008 Paris
  • Du 10 mars 2021 au 30 avril 2021