cinéma

Publié le lundi, 23 décembre 2019 à 09h40

L’equilibrio, un film de Vincenzo Marra

Par Amélie Ravaut

Une scène du film L'equilibrio de Vincenzo Marra

L’equilibrio, un film de Vincenzo Marra, sort en salles ce mercredi 25 décembre. D’origine napolitaine, Marra revient pour ce film sur sa terre natale, la Campanie. Initialement sorti en 2017 et nommé au Ruban d’argent du meilleur sujet original, L’equilibrio a en effet le mérite de proposer une trame narrative et un scénario tout entier dirigés vers un point de non-retour : la chute d’un homme de foi dans la société contemporaine.

Revenu d’Afrique, une expérience qui l’a fortement marqué, et ébranlé par ses sentiments envers une jeune femme, le père Giuseppe (Mimmo Borrelli), demande à être transféré dans une petite ville près de Naples. Là-bas, il prend la succession du curé local, Don Antonio (Roberto Del Gaudio), apprécié de tous et de toutes, respecté dans son combat contre les déchets toxiques et dont les offices, dans une église pleine de fidèles, insistent sur la nécessité de garder courage et foi malgré l’abandon total dans lequel se trouvent la ville et ses habitants.

Le Père Giuseppe entend alors, une fois seul, poursuivre dans cette voie tracée mais bien vite, les concessions de son prédécesseur aux « forces » en présence, apparaissent et entraînent le prêtre dans une spirale de violence et de règlements de compte.

Les scènes, tournées exclusivement en plan séquence, s’enchaînent de manière assez rapide, parfois abruptement et le montage, ramassé, transmet l’idée d’une instantanéité que le filmage, près des corps et des visages, souligne également.

Il n’y a rien de superflu dans le déroulement de ce récit qui avance uniquement de manière causale, les personnages secondaires sont esquissés, les dialogues succincts, à la limite de l’efficacité : Marra évide jusqu’à la moelle son scénario et la mise en scène se fait le reflet de cette possible désincarnation. On se sent seul devant L’equilibrio, peut-être était-ce le but du réalisateur : mettre le spectateur dans la peau de son martyr.

Informations pratiques

A cinéma à partir du 25 décembre