cinéma

Publié le mercredi, 2 octobre 2019 à 09h36

La fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti sort au cinéma

Par Amélie Ravaut

Une scène du film La Fameuse invasion des ours en Sicile

Le premier long-métrage de Lorenzo Mattotti, La fameuse invasion des ours en Sicile, sortira au cinéma le 9 octobre 2019 après une sélection remarquée dans les festivals d’Annecy et de Cannes. Adapté du conte de Dino Buzzati, La famosa invasione degli orsi in Sicilia, ce film d’animation plaira tout à la fois aux petits et aux plus grands. L’institut culturel italien de Paris accueille d’ailleurs, jusqu’au 25 octobre prochain, une exposition présentant quelques uns des nombreux dessins du film.

A l’origine donc, le conte de Buzzati, paru en feuilleton dans le Corriere dei Piccoli, puis publié en 1945 sous une forme illustrée par les soins de l’auteur. Mattotti, illustrateur, peintre et dessinateur, en remarque par la suite la dimension spectaculaire et y trouve une poésie, une fantaisie et une profondeur qui répondent à son envie de mise en récit et en image, de fable et de mystère. Accompagné de ses deux coscénaristes : Thomas Bidegain et Jean-Luc Fromental, le travail débute avec un souhait partagé : transmettre, à travers l’idée d’un grand spectacle épique, le plaisir de raconter.

Leonce, le roi des ours et Tonio, son fils unique, vivent des jours heureux dans la montagne, accompagnés de leur clan. Mais Tonio est un jour kidnappé par des humains et emmené loin, laissant Leonce abasourdi et inconsolable. La nécessité de trouver des vivres, l’hiver venant, et ragaillardi par l’idée de retrouver son fils chez les hommes, Leonce et sa tribu descendent dans la plaine. Une série de péripéties hautes en couleurs, rythmées et toujours plus dangereuses, amènent finalement Leonce à accéder au trône du pays des hommes et retrouver son fils. Mais l’histoire ne s’arrête pas là….

Mattotti et ses coscénaristes ont fait le choix, pour mettre en récit ce conte, d’imbriquer ensemble plusieurs voix narratives et plusieurs niveaux de discours apportant une dimension réflexive si chère à Buzzati. Gideone et la petite Almerina, conteurs itinérants sur lesquels s'ouvre le film, prennent en charge cette histoire puis passent le relais, suggérant, finement, l’idée de transmission et de mise en abyme. Car, en effet, et sans dévoiler la suite du film, il est question d’héritages symboliques que les êtres portent en eux et dont le cinéma, fait d’images et de sons, est un parfait vecteur.

Cette idée de passage est aussi à l’œuvre à l’image et, comme l’indique Mattotti, il s’agissait de travailler sur un grand « élan » épique, un mouvement permanent, un espace sans fin. Le dessin épuré, les aplats de couleurs très vives et contrastées, les lignes « simples », parfois des moments d’abstraction géométrique, sont d’une grande beauté et d’une grande inventivité. La scène de la forêt magique, non sans rappeler les peintures du Douanier Rousseau et la féerie des premiers Disney, est remarquable. Le travail de montage est aussi à souligner, notamment un très impressionnant montage alterné lors des retrouvailles du père et du fils, s’approchant de l’opératique.
La fameuse invasion des ours en Sicile a sûrement gagné son pari de porter le spectateur dans cet élan vivifiant, mystérieux et, aussi, métaphorique.

Informations pratiques

Au cinéma dès le 9 octobre 2019

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