cinéma

Publié le jeudi, 9 mars 2023 à 17h58

Italia, Le Feu, La Cendre. L'Italie du cinéma entre 1896 et 1930

Par Marco Lotti

Italia, Le Feu, La Cendre - affiche

Italia, Le Feu, La Cendre de Céline Gailleurd et Olivier Bohler est un film entièrement composé d’images d’archives tournées en Italie entre 1896 et 1930, dont la plupart n’ont jamais été montées depuis leur sortie en salles, au début du XXe siècle. Conçu sous la forme d’un essai lyrique et onirique, ce documentaire retrace la naissance du septième art dans une Italie à peine unifiée, de ses premières images jusqu’au parlant et la chute dans le précipice du fascisme.

Cette industrie cinématographique florissante a donné naissance au péplum, fait éclore les premières stars, que l’on nommait alors des dive et révélé des cinéastes qui se sont forgés un style en s’inspirant des œuvres les plus en vogues de l’époque, que ce soit en peinture, en littérature, au théâtre ou à l’opéra. Dans ses fastes, ses délires romantiques, son goût pour l’excès, pour la littérature décadentiste de D’Annunzio, pour le symbolisme et la musique de Verdi, ce cinéma a bénéficié d’une renommée internationale, fascinant les foules et les artistes dans toute l’Europe, et bien au-delà, jusqu’aux États-Unis et en Amérique Latine.

Les protagonistes de Italia, Le Feu, La Cendre sont les réalisateurs et les réalisatrices, les acteurs et actrices, les techniciens ou les intellectuels de l’époque, c’est-àdire ceux qui ont créé ou qui étaient spectateurs de ces images au début du siècle dernier. Pastrone, Bertini, Pirandello, Dalí, Canudo, Gramsci... Ce sont leurs mots, lus par Fanny Ardant dans la version française – et celle d’Isabella Rossellini dans les versions italienne et anglaise –, qui nous font revivre ce que ces hommes et ces femmes ont vu dans ces films, ce qui les a enchantés, étonnés ou bouleversés. Ainsi le film narre l’éclosion d’un art dédié au sublime, à la sophistication et à la mort. Une époque de splendeur qui tombera dans l’abîme du fascisme, avant que l’Italie ne s’affirme de nouveau comme l’une des plus grandes cinématographies mondiales après la Seconde Guerre mondiale.

Toujours dans la cadre du festival Toute la mémoire du monde, nous vous signalons Danse macabre (Danza macabra) d'Anthony Dawson (Antonio Margheriti), une coproduction franco-italienne le 9 mars 2023 à 18h30 à la Cinémathèque française et I Vitelloni de Federico Fellini samedi 11 mars 2023 à 15h45 à la La Filmothèque du Quartier latin.

Informations pratiques
  • Cinémathèque française (avant-première dans le cadre du festival Toute la mémoire du monde)
  • 51 Rue de Bercy - 75012 Paris
  • Le 11 mars 2023 à 15h30,

Sortie nationale le 15 mars 2023