cinéma

Publié le vendredi, 8 juin 2018 à 15h39

Figlia mia, le nouveau film de Laura Bispuri

Par Valentina Pasquali

figlia mia - foto di scena

Vittoria, dix ans, vit avec ses parents dans un village reculé de Sardaigne. Un jour de fête, elle rencontre Angelica, une femme dont l’esprit libre et l’attitude provocante tranchent avec le caractère posé de sa mère, Tina. Vittoria est fascinée, mais sa mère ne voit pas d’un bon œil ses visites de plus en plus fréquentes à la ferme où Angelica vit comme hors du monde. Elle ne sait pas que les deux femmes sont liées par un secret. Un secret qui la concerne, elle...

Ma fille décrit une période pendant laquelle trois figures féminines se cherchent, s’aiment ou se détestent, mais apprennent à accepter leurs imperfections, à prendre de la hauteur sur leurs relations. C’est également une histoire propre à chacune d’entre elles et l'auteur à donc souhaité épouser chacun des trois points de vue. Vittoria, Angelica et Tina ont toutes trois le cœur brisé, et empruntent trois parcours différents pour s’interroger sur elles-mêmes et, à la fin, trouver un équilibre et s’accepter complètement.

En parlant de son film, Laura Bispuri dit: "Avec "Ma fille", j'ai voulu soulever des questions sur la maternité : peut-on grandir autrement qu’avec la figure classique de la mère, avec deux figures maternelles au lieu d’une? Est-ce que le lien physique avec la personne qui vous a donné naissance est plus important que le lien culturel avec la personne qui vous a vu grandir ?

Le point de départ du projet est l’histoire vraie d’une jeune femme d’une vingtaine d’années qui a décidé d’être adoptée par une autre femme, alors que sa mère biologique était encore en vie. Il se trouve aussi que pendant l’écriture, on m’a parlé du Jugement de Salomon dans la Bible : le roi Salomon devait décider laquelle des deux femmes était la vraie mère d’un enfant. C’est bien là un questionnement très ancien.

Mais j’ai d’abord voulu m’interroger sur l’un des problèmes essentiels de notre époque : le schéma parental traditionnel. Pendant des siècles, les femmes ont été guidées par un idéal de perfection du rôle de mère, peut-être plus encore en Italie qu’ailleurs. Je pense que remettre en question cette notion et redonner de la valeur à l’imperfection, à la fragilité inhérente à ce rôle de mère, est opportun et important.

"Ma fille" (la deuxième collaboration entre Laura Bispuri et Alba Rohrwacher) prend comme point de départ le sentiment maternel dans ce qu’il a de plus archaïque et viscéral, puis tend à s’ouvrir à des problématiques plus contemporaines, en offrant une vision dans laquelle on accepte que les deux femmes soient toutes deux les mères de Vittoria. J’ai essayé de trouver un équilibre entre les deux femmes, qui sont différentes mais égales dans leur rapport de mère à Vittoria.

Informations pratiques
  • Avant première le 13 juin Mk2 Beaubourg 20h - 50, Rue Rambuteau 75003
  • Sortie nationale 27 juin

Jeu-concours des places à gagner   réservé aux abonnés à notre lettre
(pour participer au concours,  cliquez sur ce lien et répondez aux trois questions)