cinéma

Publié le lundi, 1 mars 2021 à 09h29

Cycle de documentaires en ligne : IICCinemachezvous

Par Amélie Ravaut

La route de Samouni - affiche

L’Institut culturel italien de Paris met en place, tout au long du mois de mars, un cycle consacré au regard porté par les documentaristes italiens sur le Moyen-Orient. Intitulé "Medio Oriente - regards italiens sur le Moyen-Orient », les rendez-vous sont fixés le lundi soir et les films sont projetés en ligne, sur inscription préalable auprès de l’Institut. Le documentaire qui ouvre le cycle ce lundi 1er mars est celui de Stefano Savona. Réalisé en 2018, La route de Samouni (Samouni Road) retranscrit le quotidien de la famille Samouni, résidant en périphérie de la ville de Gaza, au moment où elle s’apprête à célébrer un mariage, premier événement festif depuis la guerre.

La première partie du documentaire s’attache à recueillir la parole des membres de cette famille, endeuillée et meurtrie, essentiellement des enfants, des jeunes et des femmes. Les parents sont morts et la ville a été détruite. La jeune Amal, debout sur la terre battue, dessine avec ses bras l’emplacement de l’ancien sycomore, son cousin indique, un doigt dans le vide, celui des oliviers et les enfants tracent à la craie sur le sol, un plan fantôme de leur rue. Partout, et même dans la terre, les racines ont disparu. Ce qui n’est plus plonge dans une attente, un temps mort, des souvenirs. Savona fait le choix d’insérer, dans le prolongement d’une parole, d’une idée ou d’un silence, des passages animés en noir et blanc qui nous transportent dans le passé. Les traits appuyés du dessin, ses contrastes profonds, la vivacité de l’animation transmettent une vitalité et une poésie qui n’est plus.

La seconde partie du film, quasi entièrement animée et réalisée en images de synthèse depuis le point de vue des drones, permet de saisir le déroulement de l’attaque que le quartier a subi. Les images surplombant les habitations alternent avec des passages à l’intérieur des maisons : la temporalité cette fois-ci s’emballe et les différentes focalisations s’enchaînent. Cette reconstitution a fait l’objet de recherches approfondies de la part du réalisateur, qui s’est basé sur les témoignages directs de plusieurs sources et sur les résultats d’une enquête interne de l’armée israélienne. Les images aériennes ne font pas seulement état de la destruction des maisons, elles font également, par le rendu de la caméra thermique, basculer les êtres dans un régime spectral, silhouettes blanches minuscules avançant au milieu des ruines.

La ville se reconstruit petit à petit, on y plante des arbres, on y laboure les champs, on recueille de l’argent pour construite une nouvelle mosquée, on célèbre un mariage. Mais l’ombre du vieux sycomore, qui couvrait la moitié de la rue, n’apaisera plus le chagrin des Samouni.

Informations pratiques

Pour voir le film : informations et réservation sur le site de l’Institut avant le lundi 1er mars à 15 heures.