art et artisanat

Publié le mardi, 19 avril 2022 à 10h13

À la pêche à la ligne, l'asticot aussi est innocent exposition personnelle de Luca Resta

Par Italo Parigi

Luca Resta Monuments

À la pêche à la ligne, l'asticot aussi est innocent est la première exposition personnelle de l’artiste italien Luca Resta à la galerie 22,48 m² de Paris. Vous pouvez y assister jusqu'au 7 mai 2022 Le projet d’exposition se développe à partir du catalogue TSORPM #7 — Vol. 1 créé pour l’occasion et qui témoigne de plus de dix ans de recherche pendant lesquels l’artiste a façonné diverses collections d’objets jetables et d’emballages pour produits alimentaires.

L’exposition est articulée à l’intérieur d’une « mise en abyme » où le vocabulaire visuel propre aux lieux de consommation ordinaires se décline en matériaux comme le marbre, l’or nordique et le scotch — qui sont les composants privilégiés de la pratique créative de l’artiste. À travers une série de propositions sculpturales qui profitent de l’hybridation entre design et display, Resta propose une recherche autour de l’archétype expographique qui véhicule un message profond sur la culture contemporaine de la consommation d’images et la manière dont celle-ci conditionne les attitudes sociales. Le titre de l’exposition fait référence à une phrase extraite du film de Philippe Fourastié “La bande à Bonnot” (1968).

Dans son Traité du désespoir (1949), Kierkegaard décrit le « possible » comme l’ouverture vers quelque chose de nouveau, d’autre.
Devant un évanouissement les gens crient : De l’eau ! De l’eau ! Mais pour quelqu’un qui désespère, on s’écrie: Du possible, Du possible ! On ne le sauvera qu’avec du possible ! Un possible : et notre désespéré reprend le souffle, il revit, car sans possible, pour ainsi dire, on ne respire pas.

L’exposition de l’artiste italien Luca Resta, à la galerie 22.48 m², relève de cette pensée. Créer du possible en exploitant le potentiel narratif de la sculpture et de divers matériaux. Réaliser à la main (et non reproduire à la chaîne) des formes nouvelles, en ayant comme commencement des objets usuels, comme des emballages. Façonner des formes presque identiques, sans pourtant les répéter.

Ni moulages romantiques ni copies du réel, les œuvres de Resta expriment à la fois des singularités et des pluralités. Simulacres sans modèles, ces formes dénuées de toute ressemblance deviennent des compositions uniques qui dépassent les objets auxquels elles se réfèrent, pour simplement devenir, être. « Êtres quelconques », tel que Giorgio Agamben les définirait, qui se montrent pour ce qu’ils sont et non pour les présupposés et attributs qui en permettent la catégorisation.

Structurée à partir de cette tension entre le singulier et le pluriel, l’exposition dévoile un territoire hybride où une série de formes fait corps avec les dispositifs d’exposition. Non des sculptures sur un socle, ni des images dans un cadre, mais des hybridations esthétiques qui se complètent mutuellement et où la hiérarchie entre présentoir et sujet perd son sens sous le poids d’une nouvelle manière d’interpréter l’idée de sculpture.

Informations pratiques
  • Galerie 22,48 m²
  • 30 rue des Envierges - 75020 Paris. Tél. 09 81 72 26 37
  • Jusqu'au 7 mai 2022

Jeudi 5 mai 2022 à 19h : Soirée de lancement de l'ouvrage TSORPM #7 de Luca Resta, éditions 22,48 m², en présence de Pamela Bianchi, Sébastien Louis et Luca Resta. RSVP