pizzerias

Roba Seria, ni oui ni non

Par Stefano Palombari

La pizza margherita de Roba Seria

L’art de l’optimisation de l’espace. On est frappé, en franchissant le seuil du restaurant, par l’habileté à tout faire rentrer dans un espace minuscule. Heureusement que Roba Seria (choses sérieuses) a pu empiéter de quelques mètres sur le trottoir, sinon il aurait dû se contenter de la vingtaine de couverts dégagés à l’intérieur avec un système de mezzanine étonnamment bien conçu.

Malgré la pénurie d’espace le client est plutôt bien assis. Le local est chaud et accueillant. Quoi de mieux qu’un bon vin pour tuer l’attente de vos plats ? D’autant plus qu’ici on ne propose que des vins naturels à des prix plus que corrects. Un verre d’un excellent vin de Toscane à la couleur orangée (mérite de la fermentation pelliculaire) n’est facturé que 6 €.

En entrée, la caponata (8 €) tiède n’est pas mal du tout. Chaque bouchée confirme le savoureux équilibre entre l’aigre et le doux. On pourrait pinailler, en se demandant le sens organoleptique de la perruque de roquette qui lui cache le crane… mais nous sommes conscients que parfois un souci d’esthétisme l’emporte sur la logique des accords. Malheureusement, la cuisine n’est pas un poème où tendance rime avec prudence. Ce qui fait qu’en quelques années, on a assisté à la déferlante de la rucola (roquette). On la retrouve partout. Enrico Vaime, un célèbre journaliste de la radio italienne, a publié il y a quelques années un petit livre très drôle sur le sujet qui s’intitule Quando la rucola non c’era (Quand la roquette n’était pas là).

La caponata de Roba Seria

Concernant la suite, nous nous sommes rabattus sur la pizza. Les autres mets proposés : ravioli champignons panna et speck, tagliatelle alla bolognese (terminologie que je croyais définitivement abandonnée), salmone con spinaci, n’ont pas déchaîné notre enthousiasme. La pizza est bonne. Une sorte de « modèle hybride » entre la napolitaine bien moelleuse et la romaine croustillante. La margherita (11 €) est généreusement garnie avec une pâte fine, bien levée donc très digeste.

Dans la diavola, (15 €) pour estomper la puissance du salamino piccante napoletano, le pizzaiolo de Roba Seria ajoute de la ricotta sous forme d’émulsion. Le résultat n’est pas inintéressant.

Nota dolente, les desserts. Comme cela arrive souvent, la touche sucrée de la fin du repas est un peu délaissée. Certains établissements ont encore du mal à se libérer du binôme sempiternel « tiramisù – panna cotta ». Roba Seria en fait partie.

Formules : Plat + verre de vin (18,50 €) ; entrée plat ou plat + dessert (21 €) ; entrée + plat + dessert (24 €)

Publié le mardi, 13 février 2018 à 09h31

Informations pratiques
  • Roba Seria
  • 13 Rue des Lavandières Sainte-Opportune - 75001 Paris. Tél. 01 42 21 01 72
  • Ouvert tous les jours midi et soir sauf le dimanche

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