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Publié le samedi, 28 décembre 2019 à 10h17

Lettres d'Italie de Friedrich Nietzsche

Par Stefano Palombari

Lettres d'Italie- couverture

Si le séjour de Nietzsche à Sils Maria, en Suisse, est notoire, y compris parmi ceux qui s’intéressent de façon distraite et épisodique à la philosophie, en revanche ses nombreux voyages et ses longues permanences au sud des Alpes ne sont connus que d’un public plus averti. Et pourtant, c’est justement à l’occasion de l’un de ces voyages, à Rome, que le philosophe rencontra son grand amour malheureux, Lou Salomé, et c’est au cours de son séjour à Turin qu’il écrivit ses dernières grandes œuvres.

La transcription des lettres du philosophe allemand est précédée par une longue préface de Pierre Parlant, qui permet au lecteur d’apprécier les missives de Nietzsche à leur juste valeur. Ces lettres, en tant que telles, sont un matériel brut. Elles ne peuvent pas êtres lues comme un texte organique, cohérent, car, tout en couvrant une longue période, de 1872 à 1888, elles présentent des sauts temporels et des périodes plutôt étendues de silence. Sans compter que nous n’avons que les lettres écrites par Nietzsche, donc un seul versant du dialogue avec ses correspondants.

Cette deuxième partie du livre acquière donc toute sa valeur après la lectures du texte de Pierre Parlant qui crée une sorte de « tissu conjonctif » essentiel. Les différentes lettres du philosophe allemand deviennent ainsi intelligibles. Nietzsche se réfugia en Italie à la recherche d’un peu de répit, d’un lieu où apaiser ses maux de têtes et ses troubles digestifs. Le Sud pour lui, c’est «  la trilogie de la joie (...) du calme, de la grandeur, du soleil ». A chaque nouvelle étape ses lettres expriment son illusion d’avoir trouvé le lieu idéal. Cette âme agitée ne sut se poser nulle part de façon définitive. Par ailleurs, grand marcheur (« j’ai besoin de mes 6-8 heures de marche en pleine nature »), il a fait de son nomadisme une règle de vie.

Les dernières lettres coïncident avec la dernière période de la vie du grand philosophe. A Turin, ville qui lui convenait particulièrement (« en toute chose, je trouve qu’ici la vie vaut la peine d’être vécue ») il écrivit Le Cas Wagner, Crépuscule des Idoles, L’antéchrist, Ecce Homo, Nietzsche contre Wagner… et ce fut à Turin début 1889 qu’il sombra dans la folie.

Informations pratiques

Friedrich Nietzsche, Lettres d'Italie, Nous, 20 €
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