Un pays totalitaire après-guerre, le combat d’une femme pour sauver son mari. Sa lutte contre une bureaucratie kafkaïenne et contre ses propres démons l’emporte aux limites de la folie. Compositeur et librettiste, Menotti a révolutionné l’opéra américain en abordant des questions brûlantes inhérentes à son époque.
Dans cet opéra mené comme un thriller, les puissances du rêve affrontent à armes égales celles de l’oppression – comme le dit à l’héroïne un agent de la police secrète : “Les gens comme vous peuvent résister à la force. Mais pas aux battements de leur propre cœur.”
Compositeur et librettiste, Gian-Carlo Menotti fut formé à la musique à Milan, avant d’émigrer aux États-Unis avec sa mère, à l’âge de 17 ans. À Philadelphie, il intègre le Curtis Institute, aux côtés de Leonard Bernstein, Samuel Barber… Deux mondes qui se rencontrent dans une œuvre à la croisée de Puccini et de Broadway, tout ensemble film noir et mélodrame, où le tout puissant Consul évoque aussi bien les juges bureaucrates de Kafka que le Magicien d’Oz…
Énorme succès à sa création, couronnée par le prix Pulitzer, cette œuvre trouve aujourd’hui un nouvel écho, comme le souligne la metteuse en scène Bérénice Collet : “Aujourd’hui, les peuples ne sont plus tant oppressés par des régimes politiques que par des multinationales. Et on se rend compte, qu’aussi libres que nous pensions l’être, nous sommes aliénés à un fonctionnement du monde qui nous contraint et qui nous conditionne. Et les frontières restent pour certains des barrières infranchissables.”
''The Consul fut créé en 1950 : il remporta le Prix Pulitzer de musique et le New York Drama Circle Critics' Award pour l'œuvre musicale de l’année. Opéra et livret de Gian–Carlo Menotti, direction musicale Iñaki Encina Oyón, mise en scène Bérénice Collet. Orchestre Pasdeloup''