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Dans l’ambiance conviviale et décontractée des ruelles du onzième arrondissement, entre République et Goncourt, nous ne nous attendions pas à découvrir ce fleuron de la cuisine sicilienne. C’est donc avec d’autant plus de plaisir que nous nous sommes laissés surprendre par La Trottinette, petit restaurant italien de la rue de la Fontaine au Roi qui mérite toutes nos louanges.
Mauro, qui nous accueille avec la sympathie de son léger accent palermitain, sait tout de suite comment nous séduire : en choisissant pour nous un antipasto misto de produits très frais de sa terre natale (6 € par personne). Aubergines grillées aromatisées à la menthe, poivrons rouges rôtis, tomates séchées à l’huile d’olive, gousses d’ail rose confit, mozzarella de lait de vache à la texture exquise : les couleurs et les saveurs de la méditerranée y sont toutes. Et la caponata proposée en association avec les autres entrées valait à elle toute seule le détour : recette à base d'aubergines, de tomates, de céleri, d'olives vertes et de câpres cuits avec un verre de vinaigre, ce plat est un grand classique de la Sicile culinaire.
Mais le vrai régal est le pain qui sert d’accompagnement : fait maison, pas trop salé et parsemé de noix, il est servi encore tiède, ce qui rend difficile d’arrêter d’en manger.
Déjà conquis par ces délices, les pâtes ont fait le reste (toutes à 12 €). Sorte de pappardelle irrégulières et artisanales (on aperçoit une femme en cuisine en train de les préparer), elles ont une consistance exceptionnelle qui tient impeccablement la cuisson tout en mettant en valeur la sauce de votre choix: la campestre, par exemple, éblouit avec ses champignons, ses morceaux de jambon du pays et une pincée de coriandre, amalgamés dans une crème très délicate. La primavera avec des courgettes, des tomates et du parmesan séduit tout autant. Les pâtes au pesto sicilien (avec des amandes au lieu des pignons et le parmesan à la place du pecorino) sont un peu différentes en forme de losanges toutes différentes car coupées à la main. Le plat est une vraie réussite. Les pâtes aux crevettes, réalisées avec des ingrédients simples et frais (malgré que les crevettes soient décongelées) font de ce plat un met riche et absolument délicieux.
Nous n’avons pas essayé les viandes, mais nous pouvons confirmer que les parfums qui sortaient de la cuisine ne laissaient présager que de bonnes surprises. Pour finir, le plus traditionnel des desserts : une crostata (une simple tarte) à la confiture de figues (5 €). Tout juste sortie du four, parfaite à tout point de vue, c’est pour nous la consécration définitive.
Côté vin, notre choix est tombé sur un rouge de la région du Molise : suave mais plein de caractère, ce Molì du domaine Di Majo Norante (21 €) s’avère parfait pour arroser nos assiettes, à un imbattable rapport qualité - prix. Les seuls petits bémols porteraient peut-être sur la déco, assez minimaliste, le manque d’un vrai menu (pas de carte, plats affichés sur une ardoise) et l’absence d’un numéro de téléphone fixe pour réserver. Mais rien qui diminue notre émerveillement.