Voilà un restaurant qui porte bien son nom. En poussant la porte, on a l'impression de revenir en arrière d'une bonne vingtaine d'années. A l'époque, mis à part quelques rares exceptions, les restaurants (dits) italiens à Paris proposaient tous plus ou moins la même chose. Comme avant, donc, vous trouverez des plats de pâtes sans grand intérêt, à l'amatriciana (ici écourté en « matriciana »), au pesto industriel, au thon en boîte ; des pâtes trop cuites, avec un fort soupçon de précuit et réchauffé mais aussi des pâtes servies en accompagnement de viandes et de la crème ajoutée un peu partout. Ils ont eu l'audace d'ajouter la crème même au foie de veau à la « venitienne ».
Un bon point quand même pour l'accueil très attentionné et courtois, afin peut-être de faire pardonner le contenu de l'assiette. Le vin pichet (« carafe du chef ») , un chianti, n'était pas si mal.
Les clients qui font la queue pour obtenir une table dans ce restaurant ne doivent pas être au courant que, à quelques pas de là, se trouve Mio Padre, restauration certes rapide mais de qualité incomparablement supérieure.