Le rapport entre les pièces de Antonio Tagliarini et Daria Deflorian et la réalité est très étroit. Si le point de départ de Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni est une image du roman Le Justicier d’Athènes de Pétros Márkaris, la source d’inspiration de Reality, dans le cadre de Automne italien à la Colline, est un reportage. Il s'agit de l'article homonyme du polonais Mariusz Szczygieł.
Réalité, téléréalité sans show, réalité sans télé, sans public. Être anonymes et uniques. Spéciaux et banals. Avoir le quotidien comme horizon. Comme Janina Turek, femme polonaise qui, pendant plus de cinquante ans, a annoté minutieusement “les données” de sa vie : Combien d’appels elle avait reçus et qui l’avait appelée ; où et qui elle avait rencontré par hasard et salué avec un bonjour ; combien de rendez-vous elle avait pris... 748 carnets trouvés lors de sa mort il y a 15 ans par sa fille ignare et stupéfaite.
Dans la routine quotidienne il se passe toujours quelque chose. Nous réglons une infinité de petites choses sans penser qu’elles laisseront une trace dans notre mémoire, et encore moins dans celle des autres. Nos actions ne sont pas accomplies pour demeurer dans le souvenir, mais par nécessité. Avec le temps, chaque fatigue entreprise dans notre agitation quotidienne est rendue à l’oubli. Janina Turek avait choisi comme objet de ces observations ce qui est quotidien, et qui pour autant passe inaperçu.
Reality, un spectacle de et avec Antonio Tagliarini et Daria Deflorian collaboration au projet Monica Piseddu et Valentino Villa lumière Gianni Staropoli décor Marina Haas organisation Anna Pozzali . L’article de Mariusz Szczygieł “Reality” a paru en français il y a dix ans dans La vie est un reportage aux Editions Noir sur Blanc. La durée de Reality (1h) permet de voir Les Géants de la montagne le même jour.