Dans le cadre du festival ManiFeste-2026 de l’Ircam, l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet présente un spectacle inspiré du Décaméron du Toscan Giovanni Boccaccio. Les 12 et 13 juin 2026. Un spectacle conseillé à partir 14 ans.
Dix jeunes dans un théâtre abandonné. Dehors, le chaos, mais dedans, un pacte : raconter des histoires, pour se souvenir que la vie continue ; comme autrefois Giovanni Boccaccio qui écrivit Le Décaméron pour conjurer la peste et la peur.
Dans ce huis-clos, peu importent les moyens : seule compte l’urgence de créer. Chef-d’œuvre du Moyen-âge, Le Décaméron fut le premier grand best-seller populaire, un tourbillon d’histoires grivoises, romanesques, cruelles ou burlesques, un théâtre du monde où se croisent princes et pirates, ruses et désirs, illusions et vérités.
Mais ici, pas de reconstitution : juste dix corps pour tout incarner. Car cette création bouscule les codes de l’opéra. Pas d’orchestre, pas de hiérarchie entre les disciplines : tout d’abord une fête théâtrale, abolissant les frontières entre le chant, la parole et le jeu. Matteo Franceschini et Caroline Leboutte impulsent à leur sujet une énergie de troupe, rythmée par une partition organique qui efface les frontières entre les styles.
Raconter des histoires, c’est déjà résister ; et se retrouver, c’est déjà choisir l’espoir. Le Décaméron ne juge pas, ne tranche pas. Il provoque, amuse, dérange parfois ; il célèbre ce qui nous lie, et défie ce qui nous divise. Et il nous rappelle surtout une chose essentielle : au cœur de la tourmente, c’est bien du collectif que provient le salut.