Riccardo Freda est né à Alexandrie, en Egypte, en 1909. En 1914, son père, qui est banquier, installe son épouse, qu'il a quitté pour la soeur de celle-ci, et ses dix enfants dans une grande maison à Milan. Lui demeure en Egypte. Freda abandonne très vite des études de droit pour apprendre la sculpture. Il fréquente le petit monde artistique de Milan qu'il quitte en 1933 pour Rome. Le journaliste Luigi Freddi, que Mussolini a chargé de rédiger les statuts du Cinéma italien, l'engage à ses cotés. Freda travaillera au bureau de la propagande du ministère de la culture et collaborera à la création du fameux Centro Sperimentale tout en commençant à écrire des scénarios et des découpages, notamment pour Gennaro Righelli, Rafaelo Matarazzo ou Goffredo Alessandrini.
Cinéaste phare du cinéma populaire italien des années 40 à 60, Riccardo Freda a excellé dans des genres aussi divers que le mélodrame (son adaptation du roman de Victor Hugo « Les Misérables »: L’ÉVADÉ DU BAGNE, 1948), le film de cape et d’épée ( LE FILS DE D’ARTAGNAN, 1950), le drame historique ( LE CHÂTEAU DES AMANTS MAUDITS, 1956) ou le péplum (qu’il relance en Italie avec SPARTACUS, 1953).
S’il est également le premier à réaliser un film fantastique dans son pays (le matriciel LES VAMPIRES en 1957, co-réalisation avec son ami Mario Bava), il ne s’intéressera au genre qu’en d’assez rares occasions (CALTIKI, film d’épouvante et de science-fiction horrifique à nouveau co-réalisé avec Mario Bava ).
Son fameux «faux» diptyque L’EFFROYABLE SECRET DU DR HICHCOCK (1962) et LE SPECTRE DU PROFESSEUR HICHCOCK (1963) est parfois classé dans le «fantastique» alors qu’il s’agit de deux films appartenant au registre de l’épouvante et du thriller gothique dans lesquels les éléments surnaturels sont en fait des simulacres. Par ailleurs, les deux œuvres n’ont en commun qu’un même esprit macabre et le fait d’être incarnées par la «dark lady» du fantastique italien, la mythique Barbara Steele (le nom Hichcock, presque homonyme du réalisateur britannique et choisi comme accroche par les producteurs, n’apparaît pas dans le titre original du second « volet».