La Clémence de Titus fut écrite en trois semaines pour les fêtes du couronnement de Léopold III en tant que roi de Bohême en septembre 1791 à Prague. Le livret de Métastase, déjà mis en musique par plus de trente musiciens, dont Gluck, avait été profondément remanié à la demande de Mozart par Caterino Mazzolà, le maître de Da Ponte.
Tout comme ses grands opéras précédents et les deux à venir, ''Così
Fan Tutte et La Flûte enchantée'', on y trouve un parcours initiatique et l’empreinte
de sa spiritualité maçonnique. Cet opéra n’a plus de « seria » que les apparences,
Mozart en ayant fait éclater les cadres et les traditions, même s’il en a gardé le
sujet. Sans doute le musicien a-t-il voulu faire la démonstration, après le succès
des Nozze di Figaro et de Don Giovanni, qu’il pouvait faire d’un genre aussi
convenu, un « opéra véritable » avec une action scénique parfaitement humaine et
de plus sur une musique irrésistible. Par ailleurs, Mozart retrouvait dans ce livret
tous les thèmes de son théâtre lyrique et l’idéal des loges maçonniques : le pardon
(dont la thématique ne cesse de prendre de l’importance depuis Apollo et
Hyacinthus jusqu’à Così), la liberté et la fraternité. Mozart meurt trois mois après
la première, le 5 décembre 1791. Dans un sentiment d’urgence et en moins de onze
mois, il compose La Clémence de Titus, la Flûte enchantée, et le Requiem.
Le chef d’orchestre français Louis Langrée sera à la tête de l’excellente Kammerphilharmonie de Brême. Récemment nommé Chef-dirigent de la Camerata de Salzbourg, il est également directeur du Mostly Mozart Festival du Lincoln Center de New York depuis 2003. Après Zaïde et Don Giovanni, il a dirigé La Traviata au festival d’Aix-en-Provence l’été dernier.