Le cinéma Arlequin continue son cycle dédié à l'opéra avec la Bohème, quatrième
étape de l'œuvre lyrique de Puccini. La Bohème capte avec bonheur le
frémissement de la jeunesse vagabonde, son aventure et son partage de la
découverte du monde. Sa popularité tient à l'apparente facilité de son
inspiration musicale, au jaillissement sans effort apparent des
mélodies, aux enchaînements, sans effort perceptible, des épisodes
contrastés.
La Bohème est, aujourd'hui, un des ouvrages les plus
populaires du répertoire lyrique. La chose ne fut pas si évidente lors
de la création au Teatro Regio de Turin sous la direction d'un jeune
Arturo Toscanini de vingt-neuf ans. Tandis que le public accueillait
favorablement l'opéra, les critiques étaient plus divisés. La première
romaine au Teatro Argentina, quelques semaines plus tard, fut
unanimement peu enthousiaste, celle de Naples à peine plus favorable. Il
fallut attendre les représentations de Palerme pour connaître un
premier véritable triomphe.
La popularité de la partition se fonde sur le génie mélodique de Puccini, capable de créer une abondance de thèmes facilement mémorables non seulement dans les airs, mais aussi dans les ensembles. On a souligné aussi avec raison les extraordinaires inventions descriptives de l'orchestre, par exemple les quintes à vides dessinant la chute de neige sur la désolation de la barrière d'Enfer au commencement du troisième acte. Là, Puccini fait œuvre de naturalisme, de "réalisme poétique", en opposition au mouvement vériste auquel on l'attache à tort. Tout élément qui peut contribuer à créer l'atmosphère se trouve propulsé à l'avant-plan. L'inutilité dramatique du deuxième acte a été maintes fois mise en évidence, mais, sans sa présence la description de la vie de bohème, ses liens avec le quartier et la ville seraient affaiblis.
Opéra Italien en quatre actes De Giacomo Puccini. En italien sous-titré. Direction musicale Víctor Pablo Pérez. Mise en scène Giancarlo del Monaco. Distribution : Mimi (Fiorenza Cedolins), Rodolfo (Ramón Vargas), Marcello (Christopher Maltman), Schaunard (Gabriel Bermúdez), Musetta (Ainhoa Arteta), Colline (Carlo Colombara).