Avec son Adieu au foot Valerio Magrelli nous plonge dans l’imaginaire collectif d’un pays, l’Italie, où le football se transmet de génération en génération.
En amont de l’écriture, une image : celle de son fils qui joue au football à la playstation, comme l’a révélé Magrelli dans une interview avec Vittorio Castelnuovo pour la rubrique « Millepagine » de rai.it. L’image de son fils, comme l’explique Magrelli, lui a renvoyé celle – très différente – des matchs de sa jeunesse et de celle de son père, lorsque le football n’existait pas encore à l’écran et que son seul support était celui réel du terrain.
L’histoire du ballon est significative : « En chine, sous l’empire céleste, on utilisait une sphère en cuir remplie de cheveux de femme – écrin de chevelures, astre du désir. Dans la Rome antique, pour jouer à la Pila paganica, on utilisait un sac de cuir bourré de plumes – peut-être en souvenir de quelque vol magique ... . Aujourd’hui, à l’intérieur il y a de l’air. »
Le livre, composé de quatre-vingt-dix récits-minute divisés en deux temps de quarante-cinq minutes chacun, est conçu comme un match de foot. Mais ce n’est pas Magrelli qui fait de ce sport un récit, le football d’aujourd’hui étant déjà « un commentaire ininterrompu ».
Magrelli, lui, le transforme en une analyse existentielle, personnelle et collective à la fois, tout comme la poésie : « Cet enfant concentré seul avec son ballon, pouvait passer des heures à essayer de dépasser la quantité de rebonds qu’il s’était fixée. Non pas joyeux, mais attentif, totalement absorbé par ma tâche. Une bonne manière de s’approcher du bonheur. C’est peut-être pour cela que je me suis mis à écrire des poèmes».
C’est ainsi que Valerio Magrelli, possédé par le football comme par une muse, chante l’épopée de ce sport qui a traversé le temps.