La fleur de l'illusion produit le fruit de la réalité. Giuseppe Catozzella a choisi ce magnifique extrait du journal de Paul Claudel comme titre de son dernier roman. Une évocation poétique du sens profond de nos projections intimes sur une réalité souvent hostile. Dommage qu’on ait fait le choix de le changer dans l’édition française.
Dans ses textes précédents, Brigantessa, Ne me dis pas que tu as peur, L’Alveare, l’auteur s’attaquait à l’actualité et à l’histoire, avec des prises de position fortes et assumées. L’été du mauvais œil est son roman le plus intime. Des éléments autobiographiques facilement reconnaissables lui permettent de bâtir une intrigue qui puise ses racines dans l’expérience personnelle. Ce qui lui donne une puissance particulière, une lumière de vérité.
L’histoire de ces deux cousins, Francesco et Luciano, fournit à l’auteur le prétexte pour aborder plusieurs thématiques : La jeunesse avec ses désirs et ses illusions, la sensation d’étrangeté dans un monde où nous ne trouvons pas notre place, l’immigration dans son propre pays... Francesco et Luciano s’aiment et se blessent par mégarde ou maladresse. L’un « veut s’affranchir de la matière » l’autre, rester bien ancré à sa terre.
Comme toujours, c’est le recul qui permet de donner aux choses la juste dimension. Le salut est souvent dans le retour, dans une sorte de dialectique hegelienne avec la réalité.
> Retrouvez l’interview de l’auteur à propos de ce roman, en italien sous-titré.