Trois adieux, Tre ciotole (trois écuelles) en italien (titre à mon avis beaucoup plus évocateur), film qui sortira en salle le 2 septembre 2026, est une adaptation du dernier roman de la grande écrivaine sarde Michela Murgia. Comme souvent, lorsqu’on part d’une matière féconde, d’une grande complexité littéraire, la transposition cinématographique doit faire des choix radicaux.
Le film est tiré du livre Tre ciotole, rituali per un anno di crisi*, un texte à mi chemin entre un roman et un recueil de nouvelles. Très fortement inspiré par l’expérience personnelle de la maladie, une maladie terrible, sans espoir, Tre ciotole est une réflexion profonde, une sorte de testament spirituel, de la part de quelqu’un qui se savait condamné.
Porté par Alba Rohrwacher et Elio Germano, au mieux de leur forme, le film s’ouvre sur la rupture d’un couple de quarantenaires, Marta et Antonio. La première est une enseignante d’éducation physique et sportive, Elio Germano quant à lui incarne un cuisinier, dont le restaurant est en pleine ascension. De banales incompréhensions, des non dits, des maladresses poussent Antonio à quitter sa compagne. Elle ne s’en remettra pas, jusqu’à la découverte de sa maladie.
Le choix de la réalisatrice catalane Isabel Coixet se révèle particulièrement intéressant. Après avoir sélectionné deux des nouvelles qui composent le roman, elle les a fusionnées.
Trois adieux est un film, beau, délicat, touchant sur le temps et ce qu’on en fait lorsqu’il n’en reste pas beaucoup.
* Le livre n’est pas traduit en français.