Du 3 au 30 novembre 2026 vous pouvez vous rendre dans un lieu mythique de l'art parisien, l’Académie de la Grande Chaumière, pour visiter l'exposition de la photographe italienne Veronica Mecchia, qui n'a plus besoin de présentation.
Fondée en 1904, l’Académie est un atelier libre où l’on pratique le modèle vivant. Très réputée, elle est fréquenté par les plus grands noms de la peinture et de la sculpture du XXᵉ siècle.
Antoine Bourdelle, Fernand Léger, Ossip Zadkine et Maurice Denis, entre autres, y ont enseigné, tandis que de nombreux artistes l’ont fréquentée : Alberto Giacometti, Amedeo Modigliani, Meret Oppenheim, Berenice Abbott, Balthus, Miró, Calder, Louise Bourgeois, Germaine Richier, Tamara de Lempicka, Chagall, Soutine, Foujita…
Veronica Mecchia rêvait de prendre des photographies dans ses ateliers, mais, en juillet 2025, le lieu ferme définitivement, après 120 ans d’activité.
Un an plus tard, en passant dans la rue qui porte son nom, elle découvre l’Académie ouverte. Comme si les portes du temps s’étaient ouvertes, Veronica peut entrer dans ce lieu mythique qu’elle croyait fermé à jamais.
Elle y rencontre les modèles qui ont posé pour les artistes. Elle les suit pendant les séances de pose et dans les autres moments de vie de l’atelier. Elle les voit monter le long des vieux escaliers aux marches usées, parcourir les couloirs et, à travers eux, les époques et les différents courants artistiques.
Par ce travail, la photographe rend hommage à toutes les femmes qui ont été modèles d’artistes et qui, à quelques exceptions près, comme Kiki de Montparnasse, sont restées anonymes. Sa nouvelle série se veut également un hommage à la Photographie, en cette année qui en célèbre le bicentenaire.
On pourrait dire que Veronica s’est poussée au-delà de l’époque et de l’espace de l’Académie pour rencontrer aussi les modèles qui ont posé pour les photographes au XIXᵉ siècle. On voit qu’elle connaît les premières expérimentations photographiques autour du corps : le nu académique, ses lien avec la peinture et, plus généralement, le nu qui entre dans les ateliers et les écoles des Beaux-Arts, jusqu’à devenir un sujet majeur de la photographie « artistique ».
Dans le travail de Veronica, les lieux du passé deviennent l’espace où son regard se confronte aux thèmes universels qui guident sa recherche : l’impermanence de toute chose, la mémoire des lieux, le dialogue entre l’homme et le temps.
Exceptionnellement, la série « Retour à l’Académie de la Grande Chaumière » sera visible au mois de novembre dans le siège historique de l’Académie.
Cette exposition est rendue possible grâce à L’Anomalie, un théâtre éphémère installé dans l’ancienne Académie, où une troupe permanente déploie une programmation continue. Pensé comme un laboratoire vivant, le lieu ouvre une nouvelle fenêtre de création et de diffusion pour les artistes indépendants.
Le vernissage se tiendra le 3 novembre à partir de 18 h, en présence de la photographe. Ce sera l’occasion de découvrir les lieux historiques de l’Académie pour la dernière fois, avant leur fermeture imminente.