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Publié le jeudi, 1 janvier 2026 à 10h49

Le sourire de Caterina de Carlo Vecce. Un sourire trop longtemps caché

Par Stefano Palombari

Ils y ont cru - couverture

Le roman Le sourire de Caterina ne vient pas de paraître. Il est disponible sur les étagères des librairies françaises depuis environs 3 mois. Je l’ai reçu au moment de sa publication mais c’est un livre qui demande du temps. C’est un livre dense, qu’on n’a pas le droit d’expédier par une lecture rapide. A la différence de la plupart des textes que je reçois et qui sont certes bien conçus, élégants, plaisants mais plutôt agiles, au rythme soutenu, passionnants pour certains sans être trop exigeants. Le livre de Carlo Vecce a la gravité des textes mûris, réfléchis, fruits de longues recherches, de recherches d’archive.

Caterina au beau sourire est la maman de Léonard de Vinci. Les doutes concernant cette figure importante pour l’artiste toscan, et pas seulement pour l’avoir mis au monde, ont persisté pendant des siècles et demeurent en partie toujours. Cependant, le roman de Carlo Vecce qui peut s’appuyer sur des longues recherches commencées il y a une vingtaine d’années lors de la préparation de sa biographie de Léonard de Vinci, est d’une extrême cohérence. Les arguments avancés dans le dernier chapitre sont très solides.

De la naissance (supposée) de Caterina en Circassie, jusqu’à sa mort, le roman procède par paliers chronologiques et géographiques. Chaque chapitre est confié à un personnage qui (se) raconte à la première personne. On démarre par le père de la protagoniste pour terminer avec le fils. Les récits se croisent, parfois se chevauchent, plus rarement procèdent parallèlement dans une sorte d’élégant jeu de miroirs.

Le romanesque est la chair enveloppant le squelette des sources historiques qui parfois émergent sous forme de citations d’actes officiels, de dates ou d’autres documents. Cependant tout est bien intégré dans le texte, la narration en résulte toujours plaisante. Les différences entre les chapitres concernent les narrateurs avec leur niveau social, leur origine, leur degré d’instruction. L’auteur adapte son texte à ces variations ce qui le rend plus vivant et polyphonique. Je ne peux que conseiller la lecture de ce petit chef-d’œuvre, peut-être le meilleur roman italien de 2025 qui en tant que tel ne peut que permettre à 2026 de commencer sous les meilleurs auspices littéraires.

Informations pratiques
  • Carlo Vecce, Le sourire de Caterina, traduit de l'italien par Nathalie Bauer, Seuil, 24,50 €