Publié le mardi, 17 mars 2026 à 09h19
Le Mal : Chant de D’Arco I. Sombre roman d’Antonio Moresco
D’Arco est un policier mort qui résout des crimes de morts dans la cité des morts, entouré de personnes mortes. Il demeure dans ce monde car il a été tué, mais il vit. Parce que dans le monde des morts, les morts vivent… une vie de mort. De l’autre côté, avant ou après, il y a la vie et le monde des vivants.
La mort et la vie : deux notions qui s’entremêlent dans ce roman d’Antonio Moresco. Qui arrive en premier ? La mort ou la vie ? La vie ou la mort ? Le temps existe-t-il vraiment lorsque l'on est mort ? Ces questions métaphysiques, le protagoniste se les pose puis les adresse directement aux lecteurs vivants que nous sommes. Il tente de nous relater son récit en le situant dans une temporalité qui n’a pas vraiment de sens pour lui — car il n’y a pas de temps dans la mort — mais qui nous permettra de suivre l’histoire qu’il a à nous raconter.
Et cette histoire n’est pas n’importe laquelle : c’est celle du mal. Le mal le plus abject, qui s’en prend à l’innocence la plus pure et empêche même les morts de dormir.
Dans le monde des morts, des enfants chantent toutes les nuits. D’Arco s’interroge : pourquoi ces chants ? Et pourquoi personne d’autre ne semble les entendre ?
C’est le début d’une terrible aventure. D’Arco découvre des crimes sans nom, qu’il décrit crûment et simplement : massacres, trafic humain, torture, sang et larmes.
« Je crois que je me suis évanoui à nouveau », affirme-t-il à la page 153 — et nous ne sommes pas loin de le suivre.
Ce roman d’Antonio Moresco nous fait entrer dans les recoins les plus sombres de la vie humaine, comme de la mort. L’écriture est incisive. Les images, dures. Le roman, profondément noir.
Avec cet ouvrage, premier tome d’une trilogie sombre, il faut être prêt à ouvrir son esprit pour voyager dans le temps, dans la vie et dans la mort. Mais il faut aussi avoir le cœur bien accroché pour le terrible voyage qui attend les lecteurs qui souhaiteront tout de même s’y plonger.
Informations pratiques
- Antonio Moresco, Le Mal : Chant de D’Arco I, traduit de l'italien par Laurent Lombard, Les éditions du Chemin de fer, 19,50 €





