art et artisanat

Publié le jeudi, 18 décembre 2025 à 11h41

La Volpina, une exposition photo de Kourtney Roy

Par Karima Romdane

 La Volpina- couverture

La galerie Les filles du calvaire présente La Volpina, une nouvelle exposition de la photographe canadienne Kourtney Roy réalisée suite à sa dernière résidence artistique à Naples, à la Spot Home Gallery.

L’artiste poursuit son exploration de l’autoportrait mis en scène, dans une série inédite où elle plonge au cœur des marges urbaines. Fidèle à son langage visuel, elle y convoque l’imaginaire cinématographique italien, entre néoréalisme et comédies populaires, pour en extraire une matière visuelle à la fois fantasque et mélancolique. Loin de tout pittoresque touristique, elle capture une Naples en creux, exubérante et secrète, à l’image de ses personnages.

Avec cette nouvelle série photographique, l’artiste arpente les interstices de la ville, ses zones d’ombre, ses espaces liminaux – « the unself of Naples ». Elle détourne les clichés et les emblèmes figés pour révéler une Naples moins visible, plus trouble, où l’on circule entre les façades et les fictions. Inspirée par des films comme Reality ou Dogman de Matteo Garrone, ou encore Mamma Roma de Pasolini et Amarcord de Fellini, dont le personnage La Volpina prête titre à cette exposition, elle fait surgir des figures féminines à la fois dures et flamboyantes, sévères mais douces, revêtues de vêtements bon marché et criards, qui deviennent les véhicules d’identités bruyantes, baroques et résilientes.

Ce travail napolitain prolonge la mythologie personnelle que Kourtney Roy construit depuis plusieurs années : un monde hors du temps, plein de faux-semblants et de glamour déchu. Ce monde devenu sa signature s’illustre à travers deux autres séries, Trashissima et Last Paradise (Prix Swiss Life à 4 mains 2024, avec Mathias Delplanque), dont certaines œuvres encore inédites accompagneront cette nouvelle production. Ensemble, elles composent une sorte de voyage en Italie, où le dépaysement est autant intérieur que géographique. Ce projet tisse ainsi un récit fragmenté, poétique et ironique, qui interroge autant l’imagerie italienne que les mécanismes de la représentation de soi.

Informations pratiques
  • Galerie Les Filles du calvaire
  • 21, rue Chapon, Paris 3e
  • Entrée libre
  • Jusqu’au samedi 20 décembre 2025. Du mercredi au samedi de 11 h à 18 h 30 et Le mardi de 14 h à 18 h 30