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Publié le vendredi, 24 novembre 2017 à 09h33

Gianni Biondillo, Le Charme des sirènes

Par Stefano Palombari

 Le Charme des sirènes - couverture

Une mannequin assassinée, un couturier en manque d’inspiration, un vieux clochard à la barbe blanche, un policier irascible et têtu… voilà une partie des ingrédients du dernier polar de l’architecte-écrivain Gianni Biondillo, qui vient de paraître aux éditions Métailié. L’enquête patine pour un bon bout de temps car le piège savamment préparé par le commanditaire du meurtre a poussé tout le monde sur une fausse piste.

Varaldi est un couturier milanais mondialement célèbre. Après une longue période de crise d’inspiration, sa dernière collection semble attirer de nouveau l’attention des journalistes. Lors du défilé, une jeune mannequin est tuée. Ferraro, inspecteur de police du quartier populaire de Quarto Oggiaro est envoyé enquêter dans les beaux quartiers. Il est expressément demandé par une personne influente de l’entourage de Varaldi. Il se retrouve donc dans un milieu qui lui est totalement étranger et dont il se méfie.

Dans les livres de l’auteur milanais, l’intrigue se révèle souvent secondaire. Le Charme des sirènes ne fait pas exception. L’enquête n’est pas le point fort de la narration et la chute est souvent prévisible. L’intérêt du texte réside en réalité dans tout ce qui se trouve autour. Dans le contexte. Les personnages, tous, y compris les figurants, font ainsi la force des romans de Biondillo.

Michele Ferraro, le policier bourré de défauts... farouche, sauvage, maladroit, qui n’a pas encore digéré son divorce, se démène pour concilier son rôle de père et son travail de policier. Giulia, sa fille, est une jeune fille moderne, pleine de bon sens. De Matteis, le chef de Ferraro, avec qui le différend idéologique tourne souvent à l’affrontement et aux petites phrases méchantes, se heurte à ses limites intellectuelles.

Dans Le Charme des sirènes nous rencontrons également Aïcha une fillette tunisienne, une clandestine au regard magnétique qui se retrouve toute seule et sans billet dans un train pour Milan ; Moustache, un vieux clochard courtois et généreux qui prend soin d’elle ; Luisa, une belle femme d’une quarantaine d’années, amoureuse de Ferraro ; Mimmo, le caïd au sens aigu de la justice...

En plongeant dans le roman de Biondillo, le lecteur cohabite avec cette faune colorée. L’auteur réussit à insuffler la vie dans ses personnages. A leur offrir des qualités sans pour autant leur reprocher leurs faiblesses.

Informations pratiques

Gianni Biondillo, Le Charme des sirènes, Métailié, 21 €
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