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Publié le jeudi, 12 juillet 2018 à 09h25

Deux sur deux, roman d'Andrea De Carlo

Par Stefano Palombari

Deux sur deux - couverture

Paru en Italie il y a presque trente ans, Due di due est devenu un classique de la littérature contemporaine italienne. Jamais publié en France, les éditions HC ont comblé cette lacune pour le plus grand bonheur des férus de bonne littérature. Au fil des pages, le lecteur perçoit avec une netteté croissante que le livre qu’il tient entre les mains n’est pas comme les autres. Il n’est pas destiné à se perdre dans le brouillard des romans oubliés.

Deux sur deux s’ouvre avec la naissance d’une amitié. Une naissance due, comme cela arrive la plupart du temps, au plus pur des hasards : Un accident de mobylette. Entre Guido et Mario le lien ne sera pratiquement jamais interrompu. Nous suivons les agissements de Guido à travers les lunettes de Mario. C’est lui le préposé à la narration. C’est lui qui nous parle de son époque, les années 70. Une époque de passions politiques qui la place très loin de la nôtre. Mais également une époque où commence la prise de conscience dans un secteur clef comme celui de la production agricole.

Des choix radicaux, qui déterminent aujourd’hui deux conceptions opposées de la société. Mario fait office de pionnier. Il a déjà compris que la production de la nourriture et la façon dont on décide de se nourrir et nourrir ses proches, sera le champ de bataille futur. Bannir les poisons de nos assiettes, combattre le gaspillage, résister aux sirènes du consumérisme et des besoins sciemment créés, réduire l’échelle de la production pour nourrir et donc vivre autrement… c’est un combat qui aujourd’hui, séduit une population de plus en plus nombreuse.

Même si Mario est le « je narrant » et celui qui trace la voie du salut, le véritable protagoniste du livre est Guido. C’est lui qui détermine le début et la conclusion de la narration. C’est lui, avec son malaise intime, qui se fait le symbole d’une époque de recherche perpétuelle. Une sorte de révolution permanente de l’ego. Guido ne peut pas « se poser », c’est plus fort que lui. Et lorsque, peut-être inconsciemment, à un moment donné de sa vie, il jette une ancre… il est perdu.

Deux sur deux est un véritable chef-d’œuvre. L’un de ces livres que l’on ne voudrait jamais refermer et lorsqu’on y est obligé, les personnages qui l’animent continuent pendant longtemps à vivre avec nous.

Informations pratiques

Deux sur deux, de Andrea De Carlo, HC,
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