Publié le vendredi, 26 décembre 2025 à 10h31
Meris Angioletti à l’exposition Corps à cordes : Vibrations et résonances
En Islam, le soufisme vise à élever l’àme. Dans ce cadre, le son est une tension entre ciel et terre. Cette exposition a été pensée comme un parcours méditatif et sensible où le son est un outil de transmission, de soin et de mémoire collective.
Le Musée d’Art et de Culture Soufis MTO® (MACS MTO®) se distingue comme le premier musée au monde entièrement consacré au soufisme. Le musée met en lumière les principes intemporels du soufisme à travers un dialogue entre les objets de sa collection et des œuvres d’art contemporain.
Pour cette exposition qui se prolonge jusqu’au 4 janvier 2026, quatorze artistes internationaux interrogent avec force et sensibilité les enjeux de notre époque ( identité, résistance, langage....). Merris Angiolettiest connue pour son travail interdisciplinaire, à la croisee de la psychologie, de la linguistique, de l’esotérisme et des sciences cognitives. Pour ses pastels, " Partition pour 4 éléments", Meris Angioletti puise son œuvre dans une constellations sources : méthodes de divination ésotériques telles que le tarot et le jafr, théories acoustiques de la résonance et de l’opéra inspiré par Message from The soûl (1969)
L’exposition réunit des échos, des vibrations, des transmissions et des énergies partagées entre la pensée soufie et les pratiques artistiques contemporaines.
En son centre: un setâr, luth aux cordes fragiles et vibrantes, porté par les soufis comme emblème de raffinement, de la culture intérieure (letâfet en arabe, en persan et en turc), et vecteur de transformation spirituelle. Corps résonant, le setâr devient ici métaphore: celle d’un cœur vibrant, tendu entre ciel et terre. Il invite à accorder son écoute aux dimensions vibratoires de l’émotion, aux mouvements du soin, de la mémoire et de la transmission – qu’ils soient humains, ancestraux, écologiques ou invisibles.
À travers les gestes de l’écoute, les récits oraux, les chants, les rituels, les rêves ou les visions, le corps apparaît comme un espace vivant de passage: un médium sensible où circulent savoirs oubliés, voix silencieuses et mémoires encodées. Les œuvres exposées se déploient à l’intersection de l’art, du soin, de la spiritualité et de la pensée sonore. Elles explorent une manière d’écouter au-delà de l’audible.
Le musée lui-même devient un corps résonant : une architecture vibrante, poreuse au vivant qui l’entoure. L’exposition s’ancre dans les rythmes du fleuve, les lignes symboliques du jardin, la présence discrète des plantes médicinales et aromatiques. Ces correspondances invitent à affiner la perception, à ressentir – à travers son propre corps – une écoute incarnée du monde, située et active.
Meris Angioletti est née en 1977 à Bergame (Italie). Elle vit et travaille à Paris. Diplômée en photographie de l’école Bauer de Milan, elle poursuit ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Brera, obtenant son diplôme en 2004. Elle est actuellement chercheuse au sein de l’École doctorale APESA à l’Université Paris I. À la croisée de l’histoire des arts, des sciences humaines et des croyances ésotériques, le travail de Meris Angioletti interroge les mécanismes du langage, de la perception, de la mémoire et de la psyché. À travers des installations lumineuses ou sonores, des projections vidéo, des diaporamas et des publications, elle crée des dispositifs qui invitent le spectateur à vivre une expérience sensorielle et introspective. Ses dernières expositions personnelles se sont tenues au Studio (Stockholm) à la galerie Schleicher und Lange (Berlin) et à La Galerie, Centre d’art contemporain (Noisy-le-Sec).
Elle a bénéficié d’expositions personnelles à BACO à Bergame (Danza Macabra) en 2016, à la Galerie – Centre d’art contemporain de Noisy-Le-Sec en 2011, à la Fondazione Galleria Civica di Trento (I Describe The Way And Meanwhile I Am Proceeding Along It) et à la GAMeC – Galleria Arte Moderna e Contemporanea de Bergame (Ginnastica Oculare), toutes deux en Italie, en 2009. Son travail a également été présenté dans le monde entier, lors de la 53ème Biennale de São Paulo (The Imminence of Poetics 2012), et de la 54ème Biennale de Venise (IllumiNations 2011), mais également durant la 5ème édition du Nouveau Festival au Centre Pompidou (L’oubli, le souvenir, la réminiscence 2014) et à la Fondation d’entreprise Ricard à Paris (L’apparition des images, 2013). Commissariat: Elena Sorokina et Simona Dvorak
Conseil curatorial: Nataša Petrešin-Bachelez et l’Initiative for Practices and Visions of Radical Care
Assistante curatorial: Marion Mille
Coordination: Golzar Yousefi, Amina Ait Ali
Scénographie: Zeynep Inanc
Design graphique: Christophe Clarijs
Informations pratiques
- Le Musée d’Art et de Culture Soufis MTO
- 6 Avenue des Tilleuls 78000 Chatou (RER A Chatou)
- Tarifs de 5 à 9€
- Jusqu’au 4 janvier 2026 , Mer- ven de 11h-18h , Sam, dimanche 10h-18h





