opéra

Publié le lundi, 6 octobre 2025 à 09h24

À Bastille, l’Aida selon l’artiste iranienne Shirin Neshat

Par Alma Torretta

Une scène de l'Aida de selon Shirin Neshat

Shirin Neshat, née en Iran et exilée à New-York, est une artiste qui travaille à travers la photographie et la vidéo sur les thèmes de la condition de la femme, l’identité culturelle et la religion, ainsi que les rapports entre l’Orient et l’Occident. Elle a reçu le Lion d'or de la Biennale de Venise en 1999 et le Lion d'argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise en 2017.

Son Aida a été donné pour la première fois au festival de Salzbourg en 2017, a connu des remaniements lors de sa reprise en 2022 et sera présenté à l'Opéra de Paris Bastille dans une version encore retravaillée, faisant de sa mise en scène une œuvre d’art en constante évolution. Le cœur de ces modifications concerne la marche triomphale avec des nouvelles vidéos consacrées à la représentation du monde des Éthiopiens, qui n'ont pas leur place dans les mises en scène traditionnelles d'Aida. De plus, Shirin Neshat a décidé de ne plus montrer de femmes voilées comme c'était le cas en 2022.

Dans son ouvrage créé en 1871 à l’Opéra du Caire, Giuseppe Verdi alterne scènes épiques et airs plus intimes tels que la célèbre « Celeste Aida ». Si le contexte de création de l’œuvre doit beaucoup à l’égyptomania en vogue au XIXe siècle, les thèmes d’Aida se révèlent intemporels autant qu’universels. Comment choisir entre l’amour pour un général ennemi et l’amour pour sa patrie ? Tel est le dilemme d’Aida, princesse éthiopienne réduite en esclavage en Égypte, confrontée de surcroît à la rivalité d’Amneris, la fille du pharaon, qui aime le même homme qu’elle, Radames. Mais, ce sera la fière Amneris qui demandera enfin aux prêtres la grâce de Radames après qu’il aura trahi involontairement un secret militaire. La mise en scène de la plasticienne iranienne Shirin Neshat insiste sur la cruauté du fanatisme religieux,.

Deux distributions de grandes voix incarnent les personnages principaux : le soprano Saoia Hernández (Aida), le ténor Piotr Beczała (Radames) et la mezzo-soprano Ève-Maud Hubeaux (Amneris) du 24 septembre au 16 octobre ; Ewa Plonka, Gregory Kunde et Judit Kutasi du 19 octobre au 4 novembre. Amonasro, roi d'Éthiopie et père d'Aida, sera le baryton Roman Burdenko jusqu’à la fin d’octobre, puis Enkhbat Amartüvshin. Avec la direction musicale de Michele Mariotti du 24 septembre au 19 octobre, puis de Dmitry Matvienko.

Aida (1871) de Giuseppe Verdi (1813-1901) Opéra en quatre actes Livret de Antonio Ghislanzoni d'après Auguste Mariette

Informations pratiques
  • Opéra Bastille
  • jusqu'au 04 novembre 2025
  • Langue : Italien, Surtitrage : Français / Anglais
  • Tarif : de 15€ à 220€