théâtre

Publié le lundi, 28 août 2017 à 14h54

Les Noces de Betìa de Ruzante au Théâtre de L'Épée de bois

Par Stefano Palombari

Les Noces de Betìa - affiche

La compagnie RL en collaboration avec le Théâtre de l’Epée de Bois présentent à partir du 7 septembre 2017, Le Noces de Betìa de Ruzzante. Notre site est partenaire, ce qui vous permet de bénéficier d'un tarif préférentiel très intéressant et de tenter de gagner l'une des invitations mises en jeu.

En ces temps inquiétants qui sont les nôtres, il pourrait paraître incongru – après avoir mis en scène Berlin 33, spectacle grave consacré à la montée du nazisme – de nous intéresser à Ruzante, un auteur de comédies un peu perdu de vue aujourd’hui ... Mais ce serait méconnaître la force de transgression et la liberté de ton inouïe qui s’expriment chez ce singulier acteur de la Renaissance qu’était Ruzante.

La Renaissance italienne est cet extraordinaire moment de l’histoire européenne, qui voit la naissance de la philosophie humaniste ; ce moment où le désir de savoir, de connaître, d’élargir l’horizon, d’en finir avec la tyrannie des dogmes et de l’intolérance, se conjugue avec des désordres et des violences en tout genre, des guerres meurtrières, de tragiques retours en arrière. Sans vouloir établir des comparaisons abusives, il semble que la période que nous traversons, avec ses chamboulements spectaculaires et ses questionnements angoissés face à un futur indéchiffrable, mais aussi sa prodigieuse créativité, n’est pas sans rapport avec ce grand moment de bascule qu’a été dans toute l’Europe cette Renaissance née en Italie.

Les Noces de Betìa – dont ce sera la création en France - est la deuxième pièce d’Angelo Beolco dit Ruzante.
C’est une pièce de jeunesse, son auteur a 22 ans quand il l’écrit ; elle est joyeuse et désordonnée, elle mêle la farce et ses racines médiévales à l’ironique questionnement philosophique. L’Amour est son thème principal, dans ses dimensions charnelles, pulsionnelles, affectives, sociales, mais aussi métaphysiques... « J’ai toujours entendu dire, comme parole d’Évangile, que notre monde sans amour ne pourrait pas durer plus de deux heures, et qu’aussitôt après viendrait la fin des temps », dit Zilio, le jeune homme énamouré de notre histoire.

Une histoire simple : dans un village de la région de Padoue, la jeune Betìa est courtisée par un amoureux transi et par un coureur de jupons. Enlèvement de la belle, restitution forcée, querelles, réconciliations suivies de coups et blessures mettent en émoi tout le village avant, pendant et après le mariage, jusqu’à ce qu’un pacte de libre-échange soit conclu entre les principaux intéressés.

La vitalité du monde paysan, ses passions et sa violence, ses emportements irrationnels s’expriment là dans une langue qui rappelle celle de Rabelais, autre monstre sacré de la Renaissance, dont Ruzante est l’exact contemporain. Rabelaisien, il l’est encore bien sûr par l’humeur farcesque, la paillardise, l’extraordinaire invention langagière, mais aussi par une façon goguenarde de tourner en dérision les postures moralisatrices et de rappeler la réalité concrète du corps et de ses exigences.
Quand de nouveau nous assaillent les intégrismes en tout genre, cette irrévérence, ce tir de barrage tout azimut contre l’esprit de secte fait du bien au corps et à l’âme.

Informations pratiques
  • Théâtre de l'Epée de Bois - Cartoucherie
  • Bois de Vincennes, Route du Champ de Manoeuvre - 75012 Paris. Tél. 01 48 08 39 74
  • Du 7 septembre au 15 octobre 2017. Du jeudi au dimanche (30 représentations).
  • Tarif préférentiel : 10 € pour nos internautes. Pour obtenir la réduction merci de vous connecter au site du théâtre, selectionner le tarif à 10 € et utiliser le mot clé Italie à Paris à la caisse leur du spectacle. Vous pouvez également réserver par téléphone (01 48 08 39 74) avec le même mot clé.